La Commune de Sermaise
décrite par Martin Eugène Legrand (1899)
Arthur Beaulieu
En 1899, à la demande du ministère de l'Instruction publique, l'instituteur de Sermaise, Martin Eugène Legrand, se prête à une entreprise exceptionnelle : rédiger le portrait vivant de la commune. Il livre une véritable fresque sensible, minutieuse et humaine de la vie quotidienne à la fin du XIXe siècle, dont ses mots sont aujourd'hui les témoins.
À travers cette monographie retranscrite avec fidélité, découvrez Sermaise d'hier : sa géographie, ses hameaux, ses terres, son histoire locale jalonée d'anecdotes étonnantes et l'évolution de son école républicatine en construction à l'aube du XXe siècle.
Ce document rare, ressurgi de son stockage d'archive est bien plus qu'un témoignage, c'est un précieux fragment d'époque dédié aux racines, à l'écoles et à la construction du lien entre l'homme et son paysage. Il est des villages qui n'existent qu'à la mesure de ceux qui les racontent ; puisse ce lvre être un miroir pour celles et ceux qui habitent ou arpentent encore aujourd'hui ces terres façonnées par les siècles.
Publié le 21 Septembre 1899 de la main de M. Legrand, ce livre est paru exactement 126 ans plus tard, le 21 Septembre 2025 chez Messe Basse Production, au sein de la « Collection Empreinte d'Histoire ».
Le texte de cet ouvrage, à l'exception de la préface et de la postface, appartient au domaine public, son auteur l'ayant publié en 1899. En revanche, les photographies et illustrations présentées ici sont issues de numérisation efectuées par Messe Basse Production. Toute réutilisation de ces éléments visuels doit impérativement mentionner l'auteur de ces numérisation, Arthur Beaulieu et respecter les termes de la licence CC BY-NC 4.0. Pour plus de détails sur les conditions d'utilisation, n'hésitez pas à consulter le texte intégral de la licence.
Bien que nous proposions ce livre à la vente, nous avons souhaité le mettre à disposition de toutes et tous ici ; estimant qu'un tel document se doit d'être à disposition de quiquonque, sans avoir nécessairement à se rendre aux archives ou encore, à lire sur le manuscrit original. Pour celles et ceux qui préfère tout de même le contact du papier, rendez-vous tout en bas de cette page : non seulement vous pourrez acheter votre exemplaire physique de cette transcription, mais vous soutiendrez par la même occasion notre Association, lui permettant alors d'entreprendre d'autres projets de ce type.
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Collection Empreinte d'Histoire
La Commune de Sermaise
décrite par Martin Eugène Legrand (1899)
Arthur Beaulieu
Messe Basse Production — 2025
À tous les Sarmates, Sermesiennes, Sermesiens d'hier, d'aujourd'hui et de demain...
© Association Messe Basse Production, 2025
Hameau de Mondétour – 91530, Sermaise
ISBN 979-10-978137-1-0
Catalogue MBPEB001
Achèvement du tirage – Août 2025
Dépôt légal – Septembre 2025
Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article L.122-5, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l'article L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Sommaire
Préface I Plan de la Commune II Partie géographique Situation Communes limitrophes Population Superficie Altitude Nature du sol et climat Relief Hydrographie Voies de communication Flore et faune du pays Etat de la propriété Principales cultures – Economie rurale – Industrie III Esquisse historique Origine de Sermaise – Etymologie – Anciennes formes du nom Sermaise sous l'ancien régime À travers les hameaux et écarts de Sermaise Choses et autres Usages locaux Faits importants Edifices communaux – Cimetière – Pompe à incendie IV Instruction publique Avant 1789 Après la Révolution Situation matérielle et morale de l'école actuelle Organisation pédagogique Appréciations personnelles Œuvres post-scolaires Plan général de l'école SourcesPréface
À la fin du XIXe siècle, à l'aube de l'Exposition universelle de 1900 s'étant tenue à Paris, la France s'est livrée à un exercice de mémoire et d'inventaire d'un genre singulier. Le 29 décembre 1898, le ministère de l'Instruction publique demanda à tous les instituteurs du pays de rédiger une monographie communale et scolaire.
Il ne s'agissait pas simplement d'un relevé administratif, mais d'un véritable portrait vivant de chaque commune, tel que vu, vécu et décrit par celui ou celle qui enseignait au cœur de son village.
La monographie est une étude descriptive, souvent minutieuse, consacrée à un sujet unique : dans notre cas présent, les communes françaises. Ce genre, à la croisée de l'analyse, de l'enquête et du témoignage, offre un portrait complet du territoire : son histoire, sa géographie, ses activités économiques, sa population, ses us et coutumes, et surtout son école, reflet de la mission éducative de la République.
L'administration fixa un cadre rédactionnel aux instituteurs, afin que chaque monographie, bien que singulière par son contenu, suive une trame commune décrivant l'ensemble des aspects évoqués plus haut.
C'est au sein des Archives départementales de l'Essonne que la monographie de la commune de Sermaise, rédigée en 1899, est précieusement conservée. Elle fait partie d'un corpus exceptionnel de 184 monographies de communes pour le seul département de l'Essonne, anciennement Seine-et-Oise.
Cette mise à disposition publique a motivé le désir d'en faire une transcription intégrale, afin d'en rendre le contenu accessible à tous, sans les barrières du manuscrit ou de l'écriture d'époque qui, bien que resplendissante, requiert une certaine adaptation à la lecture.
Le village de Sermaise a eu la chance d'être ainsi raconté par son instituteur de l'époque ; Martin Eugène Legrand. Né en 1865 à Isbergues, dans le Pas-de-Calais, il consacra sa vie à l'enseignement et à la transmission du savoir au fil d'une carrière qui l'amena à Sermaise, à Massy puis à Corbeil-Essonnes.
Marié à Marie Adélaïde Fessenet, ils eurent un fils né à Sermaise en 1902, Louis Eugène qui à son tour devint instituteur. Martin Eugène Legrand décéda en 1948 à Corbeil, après une vie tout entière dédiée à l'éducation publique. Son regard d'instituteur – à la fois rigoureux, sensible et ancré dans les réalités du quotidien – donne à cette monographie une richesse documentaire et humaine rare.
La transcription ici présentée se veut fidèle au texte original de Martin Eugène Legrand : aucun mot, aucune tournure ni formulation n'ont été modifiées. La langue est restée celle de 1899, avec son charme, sa structure, ses archaïsmes, son orthographe, sa typographie – autant de marques précieuses de son temps. Par souci de lisibilité en revanche, et ce afin d'en faciliter la lecture contemporaine, certains des plus longs paragraphes ont été scindés.
Ces interventions ne modifient en rien le fond, mais permettent une meilleure appréhension de la richesse du texte. Enfin, des notes de bas de page signalées par la mention NDLR (Notes du lecteur–rédacteur) viennent éclairer certains termes ou passages aujourd'hui moins accessibles, ou bien souligner des fautes présentes dans le manuscrit original. Ces éclaircissements ponctuels n'ont d'autre but que d'ouvrir davantage encore le texte à tous les publics, sans jamais trahir la voix de l'auteur. Les autres notes de bas de pages sont, en revanche, issues du manuscrit original.
C'est grâce au travail de classement, de conservation et de valorisation des Archives départementales de l'Essonne que cette monographie a pu ressurgir du silence des allées d'archives. Sans leur engagement rigoureux à préserver ce patrimoine discret mais fondamental, ce document serait probablement resté inconnu, perdu dans l'anonymat des liasses administratives.
Leur action ne se limite pas à l'entretien d'un héritage ; elle en permet la transmission vivante, en rendant ces textes accessibles à tous les citoyens désireux de mieux comprendre le passé de leur territoire.
C'est dans ce contexte que l'idée de retranscrire et de publier la monographie de Sermaise a pu naître, nourrie par la volonté de donner une seconde vie à un témoignage marquant, et de partager avec le plus grand nombre cette voix du XIXe siècle, restée intacte grâce à la mémoire patiemment entretenue par les archivistes.
Ce modeste volume n'est pas seulement un document administratif ancien. Il est le témoignage rare d'un village vu de l'intérieur, raconté par un homme attentif, rigoureux et profondément attaché à sa mission d'enseignement. Il est à la fois un témoignage d'un temps révolu, un hommage au travail silencieux des enseignants d'antan, et un outil de redécouverte pour les habitants d'aujourd'hui. Puisse-t-il raviver la mémoire locale, inspirer la curiosité historique, et rappeler, à sa manière, combien l'éducation fut – et reste – un pilier essentiel de notre société.
Première partie
Plan de la Commune
Deuxième partie
Partie géographique
Situation
Le village de Sermaise est situé à 6 kilom. 200 de Dourdan son chef-lieu de canton et à 51 kilom. 103 de Paris.
Le territoire de la commune a fait partie de l'ancien Hurepoix « Uripiorium felix regio », l'heureux pays de l'Hurepoix, disaient les anciens géographes en parlant de la province à laquelle ils donnaient Dourdan pour capitale ; et à leurs yeux cette contrée où s'entremêlaient bois, prairies, moissons, vignes et vergers était un contraste, un dédommagement à côté de la région moins favorisée du Gâtinais.
La commune occupe comme celle de Roinville dont elle semble le prolongement, le fond et les versants d'une vallée. De Roinville à Sermaise, et au-delà, la route est parfois bordée de frais ombrages suivant le cours de l'Orge, de bois marécageux, de prés humides. Sermaise, un peu caché quoique près de cette route de Dourdan à Saint-Chéron, est un village aux maisons peu nombreuses dont l'emplacement mal nivelé accuse un bouleversement du sol. En effet, Sermaise a failli être détruit plusieurs fois par les inondations dont les deux plus connues sont celles de 1780 et 1829.
Communes limitrophes
Le territoire de Sermaise et de ses nombreux hameaux & écarts est limité par les communes du Val-Saint-Germain au nord, de Saint-Chéron au nord-est et à l'est, de Villeconin au sud-est, de Boissy-le-Sec au sud, de Roinville à l'ouest.
Population
La population de la commune est actuellement de 514 habitants et se partage comme suit : Sermaise-chef-lieu, 148 individus, 39 maisons ; Blancheface, 151 individus, 50 maisons ; le Mesnil, 76 individus, 28 maisons ; Montflix, 43 individus, 11 maisons ; Mondétour, 28 individus, 7 maisons ; la Charpenterie, 5 individus, 3 maisons ; le Tertre, 15 individus, 1 maison ; Haute-Minière, 7 individus, 1 maison ; la Mercerie, 5 individus, 1 maison ; la Rachée, 6 individus, 2 maisons ; la Jeulerie, 10 individus, 2 maisons ; la Maison Blanche, 11 individus, 2 maisons ; Villeneuve, 6 individus, 1 maison ; Bellenger, 3 individus, 1 maison.
Le nombre des habitants de Sermaise était de 168 vers 1275, de 400 en 1676, de 596 en 1743, de 616 en 1806, de 666 en 1824, de 572 en 1846, de 560 en 1856, de 549 en 1866, de 471 en 1891.
Superficie
En 1820, lors de la confection du cadastre, le territoire de la commune se divisait comme suit :
Terres labourables967 ha 6785
Vignes61 ha 8330
Bois190 ha 3650
Jardins8 ha 51
Prés45 ha 0660
Aulnaies8 ha 4065
Objets d'agrément2 ha 3640
Pâtures plantées ou non plantées1 ha 9640
Friches plantées2 ha 3035
Oseraies10 ha 9835
Mares0 ha 98
Murgers, friches nues ou terres vaines27 ha 6860
Propriétés bâties8 ha 3860
Divers (chemins, cours d'eau)33 ha 5625
Total1360 ha 0175
Dans le courant du siècle, l'aspect du sol a été quelque peu modifié ; on peut aujourd'hui répartir le territoire de la manière suivante :
Superficie exploitée
Terres labourables990 ha 6937
Prairies naturelles, herbages & pâturages45 ha 0660
Vignes3 ha 0000
Jardins de particuliers8 ha 5100
Jardins de plaisance, parcs2 ha 3640
Bois & forêts218 ha 6007
Total1268 ha 2344
Superficie non exploitée
Landes, pâtres bruyères31 ha 9535
Terrains marécageux9 ha 3900
Voies de communications, cours d'eau et constructions n'ayant pas le caractère rural50 ha 5096
Total91 ha 8531
Altitude
La place de Sermaise-village est à 84 m 401 au dessus du niveau de la mer. Le passage à niveau de Haute-minière sur le chemin de fer de Paris à Tours par Vendôme est coté 91 m 584.
Nature du sol et climat
Le sol est sableux dans les pentes, argilo-sableux dans le fond de la vallée, de composition mixte (sable, marne & argile) dans les prairies. On trouve quelques bancs d'argile, de calcaire grossier et de tuf2 dans le versant sud.
Les crêtes des versants présentent un peu de meulière recouverte d'une couche arable de faible épaisseur (plateau du Tertre, Butte du Mesnil). Nous respirons ici un air vif mais sain, en raison de la nature du sol et de son abondante végétation. Les gelées printanières se font surtout sentir dans la vallée.
Coupe géologique
Relief
Le territoire de Sermaise est très accidenté. Sur le versant sud de la vallée de l'Orge on remarque les hauteurs de Villeneuve et de Mondétour, les hauteurs de Sermaise (Butte à la Blotte, bois de Graville), la butte du Bois du Croc, les buttes de Locandry ou du Mesnil. Au-delà des pentes du versant sud se trouvent les plaines fertiles de Mondétour, de Blancheface et du Mesnil. Montflix est à l'extrémité sud-est du territoire, à 4 kilom. du chef-lieu.
Il appartient au versant ouest de la vallée de la Renarde, dite rivière de Souzy où descendent ses eaux par un ravin. Sur la rive gauche de l'Orge, en face du village de Sermaise se dresse la butte du Tertre. Il y a encore les pentes de la Bretonnière et de la Duboiserie. Derrière le Tertre on aperçoit la haute plaine ou plateau du même nom qui fait partie de la vaste propriété du Marais.
Hydrographie
Sermaise est traversé de l'ouest à l'est par la rivière d'Orge qui pénètre dans le territoire au lieu dit Moulin Rocher, passe à Bellenger, à Sermaise-village, à la Mercerie, près de la Charpenterie, à la Rachée, et rentre dans la commune de Saint-Chéron.
Quelques fossés, boëles & morts-rûs ou bras-morts se détachent du cours principal de la rivière dont le lit naturel a été déplacé en maints endroits lors de l'installation des anciens moulins de Bellenger, de la Mercerie et de la Rachée (aujourd'hui usine).
Sur la rive droite de l'Orge arrivent quelques ravins : celui de Mondétour, ceux du Bois-Clair et du Bois du Cive, celui de Moque-Bouteille ou des buttes de Locandry, le ruisseau de la Rachée.
Sur la rive gauche on peut citer : le ruisseau de la Nation qui passe sous le chemin de fer et sous la route de Dourdan pour rejoindre l'Orge en aval de Bellenger ; le ravin de l'Etang qui descend des pentes de la Bretonnière. Les sources de la fontaine au Lait clair, de l'aulnaie des Petites fontaines et de la Fontaine du Croc (rive droite) ne sont pas assez abondantes pour former même un ruisseau ; leurs eaux se perdent dans les terres.
Le village de Sermaise est assez bien pourvu d'eau. Il n'en est pas de même de ses hameaux qui doivent utiliser pour les besoins domestiques l'eau de pluie recueillie dans des citernes. À Blancheface il y a cependant un puits communal dont l'eau est excellente mais peu abondante.
Voies de communication
La commune de Sermaise est desservie :
1. par le chemin de grande communication n°116, d'Arpajon (chemin 97) à Auneau (Eure-&-Loir) par Bruyères-le-Châtel, Saint-Chéron, Sermaise, Roinville, Dourdan, Ste-Mesne, St Martin-de-Bréthencourt, Boinville-le-Gaillard & Orsonville ;
2. par le chemin de grande communication n°148 de Roinville à Boissy-le-Cutté par Marchais, Sermaise (Montflix), Villeconin, Chauffour-les-Etréchy, Etréchy, Villeneuve-sur-Auvers, avec embranchement de Villeneuve-sur-Auvers au Mesnil-Racoin (route nationale 191) ;
3. par 5 chemins vicinaux ordinaires :
- n°1, d'Angervilliers à Villeconin, 6100 m ;
- n°2, des Granges à St-Chéron, 4303 m ;
- n°3, de Mondétour, 1590 m ;
- n°4, du chemin 116 à St Sulpice, 1114 m ;
- n°5, de Marchais à Sermaise, 330 m.
4. par 48 chemins ruraux dont la plupart sont empierrés et en bon état.
Le territoire est encore traversé par la ligne de chemin de fer de Paris à Tours par Vendôme, sur un parcours de 2754 mètres.
Ce chemin de fer passe près de l'ancienne route départementale de Paris à Dourdan, aujourd'hui chemin 116, et à 450 mètres de Sermaise-village. Un arrêt au lieu-dit Haute-Minière de la commune de Sermaise dessert les communes de Sermaise & Roinville.
Vue sur la vallée d'Orge (prise du Tertre)
- 1. Bellenger, caché par une abondante végétation
- 2. Hauteurs de Villeneuve et plus loin de la Bruyère
- 3. Chemin d'Arpajon à Auneau, n°116
- 4. Arrêt de Haute-Minière derrière le coteau boisé
- 5. Chemin de fer passant sous le chemin vicinal n°1 montant au Tertre
Flore et faune du pays3
La flore n'offre ici rien de tout particulier, c'est la flore des environs de Paris ; cependant elle est des plus variées en raison des inégalités du sol et des différences de terrains. Elle permet à l'herboriste de faire bonne provision des nombreuses variétés officinales et à l'amateur de se constituer un herbier assez complet.
Dans les pentes sableuses on trouve très répandus le sarothamnus scoparius, l'erica cinersa et la calluna vulgaris. Si l'on suit le chemin qui longe la rivière l'Orge vers Bellenger on rencontre presque toutes les variétés de petites graminées de nos prairies : bromus asper, poa annua, poa palustris, poa bulbosa, poa aquatica, poa magasehia, anthoxanthum odoratum, briza média, holcus mollis, alopecurus arvensis, eragrostis canina, avena flavescens, stachys palustris, bromus tectorum, aira flemosa, melica uniflora, etc.
Il ne faut pas oublier, à côté de ces graminées, scabiosa colombaria, centaurea jacea, seneccia vulgaris, convolvulus arvensis, achillea ptarmica, echinospermum lappula, erica cinersa, sambucus ebulus, amsinkia peregrina eryngeum campestre, heracleum sphondylium, etc.
Dans le chemin creux et inégal de Sermaise au Mesnil, et aussi dans les bois traversés par ce chemin, avec les genêts, bruyères et graminées déjà nommés, remarquons : dactylon genodon, hordeum murinum, arthemisa vulgaris, inula dyssenterica, daucus carota, ranonculus auricomus, campanula rapunculus, bryona droïca, anthillis vulneraria, melilotus arvensis, agrimonia eupatoria, rubus casius, potentilla reptans, lythrum solicaria, verbascum tapsus, achillea millefolium, pédicularis sylvatica, loleum perenne, galeum palustris, geranium lucidum, linum tenuifolium, fumana vulgaris.
Dans les gazons qui bordent les chemins montant vers Blancheface et Monflix et d'autre part vers Mondétour, au milieu des variétés déjà citées on peut grouper toutes les légumineuses : trifolium fragiferum, medicago lupulina, etc, etc, ainsi que la bellis perennis (très abondante), la bourrache (borrago officinalis), le poterium sanguisorba, le plantago lanceolatum, la mentha officinalis, l'ajuga genevensis, l'armeria plantaginea, le lotus carniculatus, le silene inflata, etc.
Au fond de la vallée, carex paradoxa, carex curta, carex pallescens, carex praecox, carex muricata, carex paludosa, cyperus longus, ajunga genevensis, urtico droïca, phragmites communis, stachy palustris, salvia pratensis, rumex hydrolapathum, lazula vernalis, pteris aquilina, poa aquatica, potentilla anserina.
Dans la plaine du Tertre, dans les parties cultivées entre Sermaise & Blancheface et aussi entre Villeneuve et Mondétour, le brassica napus & le cyanus ou bleuet envahissent les céréales.
Citons enfin quelques champignons : amanita aurantiaca, agaricus aurantiacus, cantharellus cibarius, morchella esulenta assez répandus mais bien peu recherchés.
Il en est de même pour la faune que pour la flore, elle est celle du climat séquanien4. Il y a ici peu de renards, mais le blaireau ce dévastateur des vignes, du gibier, des poulaillers, etc, est plus connu. Il se tient surtout dans les coteaux boisés. On trouve dans les bois des couleuvres et lézards mais très peu de vipères. On en a vu cependant quelque-unes à la Rachée.
Comme gibier on a surtout le lapin ; le lièvre est plus répandu dans les régions où l'on cultive beaucoup la betterave & autres racines. Les perdreaux se plaisent assez dans le calme des plaines. Quelques chevreuils & cerfs s'échappent des bois du Marais (Il est délivré pour Sermaise environ 25 permis de chasse chaque année).
Les insectes trouvés jusqu'ici ont pu être rangés dans des espèces connues. Inutile de nous attarder à les nommer. Les lépidoptères que je recherche particulièrement sont assez rares, surtout dans la vallée ; aussi a-t-on cru inutile de prescrire ici la destruction des chenilles dont les dégâts sont insignifiants. On n'a pas encore signalé à Sermaise la présence du phylloxera.
La fourmi est en revanche très commune dans les sables et constitue un des ennemis de la vigne dont elle suce les racines. Le melolontha vulgaris (hanneton) et son ver blanc sont assez répandus dans le voisinage des bois. Le telephorus fuscus, très connu dans les jardins y ronge particulièrement les feuilles du lis. Pour cause, peut-être, cette belle fleur est presque délaissée. Le liptogaster cylindrica & le pacurpa communis incommodent, l'été, les travailleurs des champs dans la zone de la rivière.
Etat de la propriété
Le sol est très morcelé en général : les 1360 hectares qui constituent la superficie du territoire comptent 10.335 parcelles réparties entre :
- 539 particuliers habitant ou non la commune, et possédant ensemble 1157 ha 8715 ;
- 3 établissements hospitaliers, et possédant ensemble 139 ha 1492 ;
- 3 sociétés ou compagnies, et possédant ensemble 12 ha 2904 ;
- 26 particuliers cultivent moins d'un hectare ;
- 4 particuliers cultivent de 1 à 5 hectares ;
- 3 particuliers cultivent de 5 à 10 hectares ;
- 28 particuliers cultivent de 10 à 20 hectares ;
- 14 particuliers cultivent de 20 à 30 hectares ;
- 2 particuliers cultivent de 30 à 40 hectares ;
- 2 particuliers cultivent de 50 à 100 hectares ;
- 1 particulier cultive de 100 à 200 hectares.
Principales cultures — Economie rurale — Industrie
Sermaise est essentiellement un pays de culture. Son sol fertile produit en abondance des céréales et des plantes fourragères pour la nourriture du bétail.
Dans la vallée, on cultive de plus le haricot, l'asperge, et, pour leurs graines la carotte, la betterave et le radis. La vigne est aujourd'hui délaissée ou à peu près, elle n'occupe que trois hectares du territoire au lieu de 60 environ il y a 50 ans et plus de 150 au siècle dernier. Quelques mauvais hivers, ceux de 1870-71 et 1879-80 par exemple ont détruit beaucoup de vignes en même temps que d'arbres fruitiers. D'autre part, certaines maladies inconnues autrefois, le mildiou (depuis 1876), l'oïdium (depuis 1847), le pourridié, la chlorose, etc., en réduisant considérablement les récoltes ont découragé nos vignerons.
Les céréales cultivées aujourd'hui sont surtout le blé et l'avoine. Le maïs est mangé en vert par le bétail qui en est très friand. On ne fait du seigle et de l'orge que pour les besoins de la basse-cour, et, depuis quelques années, le méteil étant moins recherché n'est cultivé que par les quelques sages laboureurs qui font eux-mêmes leur pain. Le pain de méteil est moins blanc mais durcit moins vite que le pain de froment.
La pomme de terre est récoltée pour les besoins domestiques. Cependant certains en font pour être vendue à des restaurateurs parisiens. Il serait désirable que cette culture assez avantageuse se propageât.
On ne fait pousser ici la betterave que pour l'alimentation du bétail, aucune distillerie ni fabrique de sucre n'existant dans la commune ni dans les communes environnantes.
D'ailleurs les distillateurs et fabricants de sucre jouissent d'un bien maigre crédit auprès des producteurs qu'ils exploitent le plus possible. Si l'état prend un jour le monopole de la rectification de l'alcool et celui du raffinage du sucre, qui appartiennent à un trop petit nombre d'individualités et leur permettent de se faire des fortunes colossales, nous verrons peut-être s'installer dans les vieux moulins abandonnés des fabriques de sucre & alcool bruts montés par syndicats agricoles.
Comme racines fourragères, à côté de la betterave, on ne rencontre que la carotte et un peu le navet.
Dans les prairies artificielles il y a surtout le sainfoin, la luzerne et le trèfle incarnat. Ce dernier est donné en vert aux chevaux principalement.
Les plantes oléagineuses (colza, œillette, navette, cameline) sont inconnues dans la région. On ne cultive plus le lin & le chanvre dont nos paysans se faisaient autrefois de la toile.
Enfin aucune plante industrielle n'est récoltée ici, la richesse du sol permettant de se livrer aux cultures ordinaires qui exigent peu de soins minutieux et sont en somme plus productives que les cultures spéciales.
On rencontre entre autres comme arbres fruitiers des pommiers et quelques poiriers à cidre. Cette boisson est ici du reste la plus en usage. Elle y a remplacé le vin consommé en plus grande quantité, et presque exclusivement, autrefois où les bons vignerons de Sermaise n'en récoltaient pas moins de 20 à 25 pièces, années moyennes.
Le lait vient s'ajouter aux produits de la terre et est une des ressources de la population. On compte dans la commune 250 vaches laitières environ. Le lait est employé à engraisser des veaux pour la boucherie ou à en faire du fromage et du beurre. Cependant certains producteurs vendent leur lait pour l'alimentation de Paris & de sa banlieue.
Nos cultivateurs trouveraient tout avantage à se constituer en syndicat pour l'écoulement de ce produit de premier ordre.
Celui qu'on enlève dans nos campagnes n'est payé par les gros laitiers que 9 ou 10 centimes le litre en moyenne, tandis que le même litre de lait, après avoir coûté moins de 5 centimes de transport & autres frais, est vendu au consommateur parisien 30 centimes au minimum. Le commerce se réserve donc plus de 100 pour 100 de bénéfice sur la production. C'est trop.
Nous revenons à Sermaise. Les moulins de Bellenger et de la Mercerie ne sont plus exploités. Une usine pour la fabrication de mèches de sûreté pour les mineurs est installée aux lieux & place du moulin de la Rachée, et emploie environ 25 ouvrières ou ouvriers, la plupart habitant Saint-Chéron.
La population on le voit, s'occupe presque uniquement, mais avec succès, de l'exploitation du sol. Malheureusement c'est en général ici la vie matérielle et terre à terre, comme l'on dit ; le paysan ne se livre à aucune distraction ni art d'agrément, sa seule aspiration est d'amasser, d'amasser toujours ; il semble condamné à gratter la terre sans trêve ni relâche, sans jouir de la vie, jusqu'au temps où cette terre recevra son corps usé par la souffrance & les durs labeurs.
Cependant il est un remède au mal, et le premier moyen de travailler à l'ennoblissement, au bien-être moral de nos campagnards, c'est de les instruire tout en cherchant à les attacher au sol qui les nourrit.
Usine de la Rachée (ancien moulin)
Troisième partie
Esquisse historique
Origine de Sermaise — Etymologie — Anciennes formes du nom
L'origine de Sermaise est inconnue, c'est-à-dire qu'il n'existe aucun document faisant connaître l'époque où son territoire a été occupé et mis en culture, où ses premières habitations ont été construites.
Si l'on ne sait rien de précis sur l'origine de Sermaise, il faut remarquer que le nom n'a rien de moderne. Il en est de même de Montflix (Mont felix – heureux), la Rachée, hameaux, & aussi de St-Chéron, Jouy, Dourdan, communes voisines. Enfin on a trouvé dans la vallée d'Orge quantité d'objets antiques qui attestent que cette vallée est habitée depuis longtemps. C'est ainsi que les jolis pavages mosaïques découverts à Ste-Mesne marquent l'emplacement d'une somptueuse villa gallo-romaine. À Saint-Evroult de la commune de Saint-Chéron, une chaussée et des aqueducs mis à jour rappellent aussi les temps gallo-romains.
A Souzy, situé à 5 kilomètres, des mosaïques de la même origine ont été déterrées et enlevées vers 1868. Dans cette même localité, on a découvert des roches en grès qui ont dû servir à polir et à aiguiser des outils et des instruments en pierre. L'une de ces roches ne contient qu'une seule rainure, mais l'autre en porte neuf, dont sept à côté l'une de l'autre et parallèles permettaient sans doute de polir plusieurs instruments à la fois.
Je dois ajouter que des fragments de haches en silex ont été trouvés sur notre territoire et semblent ici une trace de l'âge de la pierre. Quelques-uns de ces fragments sont déposés au musée scolaire.
Cependant, si l'on jette un coup d'œil à travers ce vaste territoire, on découvre des restes d'habitations anciennes : à Blancheface (Château Gaillard), entre le Mesnil & la Rachée (Clos Goury), à Montflix (les trois murgers), dans la plaine du Tertre, au pied de la butte du même nom, à Haute-Minière et aussi dans les pentes de la Bretonnière et de la Duboiserie. Ces constructions étaient isolées. Il est vrai que les ancêtres aimaient peu le voisinage : chacun d'eux s'établissait près d'une fontaine ou d'un cours d'eau, dans une campagne ou dans une forêt où il se logeait avec sa famille au milieu des terres qu'il cultivait. La première idée de Patrie, le besoin fréquent de s'unir contre l'ennemi commun, les premières lueurs de l'instruction, et aussi le désir du bien-être par le progrès, ont peu à peu rapproché les hommes et formé la société actuelle, éclairée, hospitalière, forte et confiante dans l'avenir.
Sermaise doit peut-être son nom à la disposition de ses coteaux en circuit, et entre lesquels se trouvent groupés en cercle les maisons du village. Quelques-uns prétendent, à tort ou à raison, que Sermaise a été fondé par une colonie de Sarmates établie ici lors des invasions ; mais il faut remarquer que plusieurs communes de France portent le même nom et aussi que les Sarmates, après avoir pris part à l'invasion des Huns en Gaule, se sont établis sur les bords de la Baltique.
L'orthographe du mot a eu différentes formes. Il y avait au 15e siècle un baron de Sergmès ; sur les actes de l'état civil on dit d'abord « Sermaises » au 17e siècle, puis « Sermaize » et enfin « Sermaise » à partir de 1780. Dans un guide très ancien sur les environs de Paris on voit : Sarmaize, village sur la route de Dourdan, 11 lieues.
Sermaise sous l'ancien régime
Au temps de la féodalité, Sermaise était le siège d'un grand nombre de fiefs plus ou moins importants & dépendant de seigneurs différents.
Il y avait les fiefs de Villeneuve, de Mondétour (Maudestour), de la Grange de Maugrenoult, de Montflix, du Mesnil, de la Rachée, de Trousse-Chien. Le Tertre faisait partie du domaine du Marais. Un lieu-dit de Sermaise, le bois de Graville, tire son nom des seigneurs de Graville, barons de Saint-Yon.
La seigneurie de la paroisse relevait de celle de Milly, en Gâtinais ; elle a été possédée depuis le XIVe siècle, au moins, jusque dans le XVIIIe par la famille Descrosnes & par celle de Hémery qui lui a succédé par alliance. François de Hémery en a fait la vente en 1733 à G. de Lamoignon qui par un traité de 1735 en est resté seul propriétaire ainsi que des droits de pêche, de chasse, de patronage de la Chapelle-St-Georges.
Anne d'Autriche, mère de Louis XIV, avait détaché Sermaise du comté de Dourdan en faveur de Guillaume de Lamoignon, premier président de la cour du parlement, seigneur de Saint-Chéron, Bâville etc. Les officiers du bailliage de Dourdan, qui perdaient quelque chose à cet amoindrissement du ressort furent dédommagés d'un autre côté. Le premier président de Lamoignon donna comme indemnité à M. Vedye, lieutenant général au bailliage la charge & office de prévôt de Dourdan, et aux autres officiers du bailliage les diverses commissions de la prévôtée.
Justice & tabellionage5
A l'égard de la haute justice, Sermaise dépendait du Comté royal de Dourdan et il en était de même du tabellionage. Ces deux droits seigneuriaux ont été donnés en 1661 par la reine mère à Guillaume de Lamoignon qui les a fait entrer dans son marquisat de Bâville. Antérieurement, Sermaise a été la résidence d'un substitut juré ou d'un sous fermier de tabellionage de Dourdan, en d'autres termes, une des branches de ce tabellionage.
Parmi ces fonctionnaires il faut citer Etienne Bedeau qui se qualifiait de substitut juré, commis au lieu & paroisse de Sermaise, d'abord sous Jean Perrier, tabellion à Dourdan, en 1537, et ensuite sous Marin Deschamps tabellion royal à Dourdan, de 1538 à 1570. Pendant l'exercice d'Etienne Bedeau, il y avait encore un substitut à Montflix, paroisse de Sermaises comme l'atteste le titre suivant que nous copions tout simplement :
« Censier reçu par noble homme Me Pierre Chartier, seigneur du Tartre (Tertre) et de Baudrecourt, notaire & secrétaire du roi & greffier en sa chambre des comptes, en son hostel seigneurial du Tartre, Paroisse de Sermaises, bailly de Dourdan , en la présence de moy, Claude Bailly, substitut au lieu de Montflix pour Jehan Pesan, tabellion à Dourdan. »
Citons encore comme tabellions : Jean Thiboust (1557) ; Pierre Descoutures (1559) ; Jean Le Cousturier de 1576 à 1613, à Blancheface ; Jean de Narenne, de 1585 à 1588, à Sermaise ; Georges Le Cousturier, sans doute frère de Jean Le Cousturier, de 1613 à 1622, à Blancheface ; Simon Le Cousturier, de 1614 à 1642 ; Jean Coudray, 1639 ; Jean Houdouin, de 1648 à 1670 ; Pierre Besnard, de 1670 à 1701. Pierre Besnard est devenu seul tabellion à Sermaises à partir du jour où a cessé l'exercice de Jean Houdouin. En 1673 il était greffier à Bâville, et paraît avoir conservé ces fonctions jusqu'en 1692. En 1680 il a exercé les fonctions de bailli pour cause d'absence de celui-ci.
En 1692 on le trouve procureur fiscal du bailliage de Bâville. Outre ces fonctions, Pierre Besnard était fermier conjointement avec son frère, Jean Besnard, des droits de greffe & de tabellionage des paroisses de Sermaises et Saint-Chéron ; mais en 1701 Pierre Besnard quoique se disant tabellion de Sermaises demeurait à Saint-Chéron. A partir de cette époque, la résidence d'un notaire à Sermaises a cessé et le droit de tabellionage a toujours été exercé par le tabellion de Saint-Chéron.
Sermaise ne paraît pas avoir été depuis le 15e siècle en possession d'une justice instituée de sorte que les affaires contentieuses qui s'y produisaient devaient être portées au Bailliage de Dourdan dans le ressort duquel elle était. Toutefois il s'y trouvait une résidence de Sergent. Car en 1640 on trouve que Gauldon y était sergent royal. Lorsque cette paroisse fut détachée de Dourdan & unie au marquisat de Bâville en 1670, la résidence du sergent paraît y avoir persisté jusqu'en 1701. Louis Claude Augé se qualifiait de sergent ordinaire au Bailliage de Bâville, demeurant à la Charpenterie de Sermaises.
À travers les hameaux et écarts de Sermaise
Mondétour
Mondétour, ou plutôt Maudestour (mauvais détour) a été appelé ainsi à cause de sa situation escarpée et autrefois de ses mauvais chemins sur un sol glaiseux.
Les familles Brière & Mesnard ont ajouté Mondétour à leur nom en le faisant précéder de particule dite nobiliaire. Ainsi Jean Brière, ex-secrétaire du roi Louis XVI, né en 1711, mort en 1798, prend la qualité d'ecuyer sieur de Mondétour en partie. Isidor Simon Brière de Mondétour est ainsi nommé dans le mariage de sa soeur, Mme Buchère, en 1777.
François Nicolas Brière ajoutait de Mondétour à son nom dès 1778. Tous ses actes de notaire sont signés Brière de Mondétour et ses enfants ont conservé le même nom, sauf l'un d'eux qui, par décret de 1818, a été autorisé à ajouter Valigny à son nom, et à s'appeler Brière de Mondétour-Valigny.
Plusieurs des enfants de Jean Baptiste Mesnard, régisseur à Bâville, ont également pris le nom de Mesnard de Mondétour. Cette addition de nom est fondée principalement sur un contrat de 1733 par lequel Paul Augustin Dubuisson, écuyer, seigneur de Mondonville et Elisabeth Catherine Daverton, sa femme, issue des anciens seigneurs de Blancheface, ont vendu à Etienne Mazure, procureur fiscal du marquisat de Bâville et à Marie-Madelaine Langlois sa femme :
« La ferme de la Guérenardière, située à Mondétour, 38 arpents de terre en dépendant, 50 arpents de terre, prés, bois & vignes, situés au même lieu, étant en rôture & charge de cens & rentes, et 11 livres de rentes constituées en 3 parties. »
L'ancienne ferme existe encore et sous l'Empire la famille Brière a fait construire auprès, en style de l'époque, une confortable maison d'habitation, dite château de Mondétour, entourée d'un parc et habitée aujourd'hui par M. Talabart, avocat.
La Villeneuve
La Villeneuve a été le théâtre de meurtres atroces commis au siècle dernier par la bande de Renard. C'est pour mémoire que nous dirons quelques mots de cette illustre société de bandits. Extrait d'un arrêt de la Cour du Parlement du 26 février 1766, qui condamne à la peine de mort Jean François Renard, Toussaint Soubriat, Pierre Farneau, Jean Sébastien Cordel, Jean Garnier & autres :
Cet arrêt confirme une sentence rendue le 22 août 1765 par le lieutenant criminel du Bailliage de Dourdan et par laquelle :
« Les dits Jean François Renard, Toussaint Soubriat dit le jardinier de Châtenay, Pierre Farneau dit Baptiste Lapin et Jean Sébastien Cordel dit le soldat, auraient été déclarés dûment atteins & convaincus d'avoir, avec d'autres de leurs complices de dessein prémédité, commis nuitamment le 26 au 27 décembre 1763 cinq assassinats dans une seule & même maison, au hameau de Villeneuve, paroisse de Sermaise-sous-Dourdan, ès personnes de Jeanne Perry, veuve de Pierre Rocher, Pierre Canet, vigneron, son gendre et Denise Chevallier leur servante domestique, et encore Louis Malherbe, vigneron demeurant au hameau de Beauvais paroisse de Roinville, et de Pierre Leblanc aussi vigneron demeurant au village de St-Chéron Montcouronne qui se sont trouvés dans la dite maison, et ensuite d'avoir volé la plus grande partie des effets, hardes, nippes, toiles, chemises, deniers comptants & autres, mentionnés au procès, appartenant tant à la dite Vve Rocher, Pierre Canet son gendre, qu'à la dite Chevallier leur servante domestique. »
(suivent un grand nombre d'autres forfaits que nous ne citons pas n'ayant pas un caractère local)
« Pour réparation de quoi les dits Jean François Renard, Toussaint Soubriat dit le jardinier de Châtenay, Pierre Farneau dit Baptiste Lapin, Jean Sébastien Cordel dit le soldat, Jean Garnier dit Breton, et Pierre Louis Antoine Duhamel dit le petit Parisien auraient été condamnés à avoir tous six les bras, jambes, cuisses & reins rompus vifs par l'executeur de la haute justice, sur un échafaud qui pour cet effet serait dressé en la principale place de la ville de Dourdan et mis ensuite sur chacun une roue, la face tournée vers le ciel, pour y demeurer tant et si longuement qu'il plaira à Dieu leur conserver la vie ; ce fait, leurs corps morts portés par l'exécuteur de la haute justice, savoir : ceux des dits Renard, Soubriat, Farneau & Cordel sur le grand chemin de la dite ville de Dourdan à Sermaise, et à l'endroit en face dudit hameau de Villeneuve, où cinq personnes ont été par eux assassinées. »
Un complice, Antoine Charron dit tourne talon, condamné par le même arrêt a être pendu fut également exposé après sa mort sur la route de Dourdan en face de Villeneuve.
Vue sur la route de Dourdan (prise du Tertre)
- 1. Hauteurs de Villeneuve où se trouvait au siècle dernier une maison isolée dont on voit encore quelques vestiges et qui fut le théâtre des meurtres cités.
- 2. Route de Dourdan où ont été exposés les cadavres des bandits Renard, Soubriat, Farneau, Cordel & Antoine Charron dit tourne talon.
Après le supplice de Renard et de 31 de ses compagnons, le reste de la bande émigra dans la forêt de Montargis en chantant : « Dedans Dourdan ils sont méchants ... ».
Les crimes atroces recommencèrent, et le fameux Robillard, le nouveau chef, pris & condamné par jugement prévôtal de Montargis, paya sa dette envers la justice le 13 septembre 1783 avec soixante-dix autres brigands de sa société qui se partagèrent la roue, le gibet6 et les galères.
La bande d'Orgères, comme on l'appelait n'était pas entièrement détruite : Fleur d'Epine, issu de Renard la reconstitua plus terrible que jamais.
Ces parias du crime, avec leurs mœurs étranges, leur code barbare, leurs mariages sommaires, leurs rites immondes & leurs parodies sociales s'étaient alors cantonnés dans les bois de Saint-Escobille et exploitaient les vastes espaces et les hameaux écartés de la Beauce.
Connus & redoutés sous le nom de « Chauffeurs » parce qu'ils brûlaient lentement les pieds de leurs victimes pour obtenir des révelations de trésors, ils ne s'inquiétaient pas si la Révolution avait changé les bases de la société, et, terroristes indépendants, ils suivaient la fortune du Rouge d'Aneau & de ses satellites.
Le siècle, en commençant, finit leur histoire et les 12 vendémiaire an IX (30 octobre 1800), la guillotine de Chartres dévora coup sur coup les 21 têtes des derniers chefs.
Ces brigands du siècle passé sont déjà légendaires, et le roman s'est emparé de cette chronique sinistre dont Dourdan & les environs peuvent fournir le premier & le plus émouvant chapitre.
Bellenger
Bellenger, originairement appelé le Petit-Moulin, aujourd'hui non exploité, vient d'une famille très ancienne.
Son nom se trouve déjà dans des titres de 1295, écrit « Bérangier » ; en 1376 il est encore orthographié de même ; en 1510 il devient Bellenger, et en 1757 il est encore représenté par Jean Bellenger des environs de St-Chéron.
Bellenger (Vue sur le canal)
Bellenger appartient actuellement à M. Degas, propriétaire à Paris, qui possède aussi la ferme de Villeneuve exploitée par un sieur Durand.
Le fief de la Mercerie
Le fief de la Mercerie a été acheté par Charles de Pavyot en 1585, puis par Jacques d'Hémery, seigneur de Sermaise, pour 800 livres, en 1662.
Vue sur la vallée de l'Orge (en aval du village, prise du Tertre)
- 1. Moulin de la Mercerie, autrefois (dit-on) forges & fonderies, aujourd'hui inoccupé.
- 2. Hameau de la Charpenterie.
- 3. La Jeulerie de Sermaise.
- 4. Trou-sanguin où ont dû se livrer des combats entre seigneurs à l'époque féodale. J'y ai personnellement trouvé un boulet en pierre.
La Rachée
La Rachée relevait au 15ème siècle du fief de Graville ou Gravelle, assis à Authon-en-Beauce. En 1497, on parle d'hommages de noble homme Gilles d'Hémery, seigneur de Blanchefouasse pour le fief du moulin de la Rachée à Nicolas Vigneron, grainetier à Paris, seigneur de Launay et St-Michel-sur-Orge à cause de sa terre & seigneurerie de Gravelle. En 1520, hommages de François de Hémery à Anne Lucas, dame de Ste-Mesne et de Gravelle. Le même se rend acquéreur d'un moulin à fouler le drap et de terres à la Rachée.
La veuve de François de Hémery, Barde de Vieil-Châtel acquiert en 1575 l'emplacement du moulin de la Rachée & autres terres, de plusieurs personnes et notamment de Jean Guégnées, ancienne forme de nom local de Guénée.
De biens saisis sur Jacques de Cisternay (1662), l'Hôtel-Dieu de Paris achète le moulin de la Rachée & ses dépendances pour 11000 livres. Il est également question de remise par le comte de l'Hospital-Ste-Mesne des droits seigneuriaux pour la Rachée mouvant du fief de Gravelle, pour 2200 livres.
Moulin de la Rachée, transformé aujourd'hui en usine dont il est parlé dans la partie géographique de cette notice (Vue prise du chemin de Saint-Evroult au Mesnil-Blancheface)
Il nous reste à parler de la fontaine de la Rachée qui est après celle de Souzy la plus belle fontaine de nos environs par l'abondance, la limpidité et la bonne qualité de ses eaux. Leur température en toute saison ne varie pas entre 10 et 12° centigrades et leur rendement très régulier s'élève à plus de 500 litres par minute.
Des travaux d'embellissement ont été exécutés à diverses époques. Il y a d'abord le premier président de Lamoignon, grand amateur de ses eaux, qui, le premier probablement l'a fait sortir de l'état primitif & négligé où elle se trouvait, en créant le grand bassin demi-circulaire qui fut prolongé dans le monticule d'où sortent les eaux, afin d'obtenir une façade à pic, dans laquelle fut placée la grande pierre rectangulaire encore existante et où était tracée, dit-on l'inscription suivante :
« Sic fons aquarum viventium sic foro7 »
C'est sans doute à l'époque où ces travaux furent exécutés, et dans les années suivantes que les poètes & les littérateurs du Grand Siècle, Boileau, le Père Rapin, Commire, Daniel Huet & d'autres encore, que Guillaume de Lamoignon recevait dans sa résidence de Bâville, ont composé les épîtres, les odes et toutes les poésies qui existent en français, en latin, en grec sur notre fontaine qu'ils ont nommée Polycrène à cause de l'abondance de ses eaux.
Dans une épître adressée à Madame Molé, du Marais, le poète contemporain Sainte Beuve a voulu, lui aussi, honorer la fontaine de la Rachée et en raviver le souvenir par quelques vers qu'il dédia à Boileau :
« Fier de suivre à mon tour des hôtes dont le nom
N'a rien qui cède en gloire au nom de Lamoignon,
J'ai visité les lieux & la tour et l'allée
Où des facheux ta muse épiait la volée,
Le berceau plus couvert qui recueillait tes pas,
La Fontaine surtout, chère au vallon d'en bas,
La Fontaine, en tes vers, Polycrène épanchée,
Que le vieux villageois nomme aussi la Rachée
Mais que plus volontiers pour ennoblir son eau,
Chacun salue encore Fontaine de Boileau.
Par un des beaux matins, etc. »
De nouveaux travaux ont encore été faits à notre fontaine vers 1786 par Chrétien de Lamoignon, en vertu d'une permission qui lui a été accordée sur sa demande par les administrateurs de l'Hôtel-Dieu de Paris, auquel elle appartenait ainsi que le moulin. La pierre porta cette inscription quelque peu prétentieuse :
« Lamoniana fortuna hunc
Fontem invenit qui perrennem
Aquam perennitati
Dedit dat dabit.8 »
Vers 1825, le meunier du moulin de la Rachée a fait mettre la fontaine dans l'état où elle se trouve actuellement en réduisant considérablement son bassin, en la transformant en un lavoir et en créant un lit à ses eaux pour les employer à faire tourner la roue d'un moulin particulier, indépendamment de celui que la rivière d'Orge met en activité.
En outre, il a fait effacer l'inscription que portait la pierre placée au-dessus des sources, afin que le propriétaire de Bâville ne pût se prévaloir de cette inscription pour élever quelques prétentions sur la propriété de la fontaine et de ses eaux.
Fontaine de la Rachée transformée en lavoir
Blancheface et le Mesnil
Sermaise comprend principalement Blancheface ou Blanchefouace (sorte de galette) à cause de sa plaine fertile en blé surtout, et le Mesnil, seigneureries longtemps héréditaires, achetées au XVIIe siècle par de Lamoignon pour 52800 livres, et revendues par lui à l'Hôtel-Dieu de Paris en 1663 pour 45800 livres et 100 sols de cens annuel.
Chrétien-François de Lamoignon, marquis de Bâville, seigneur de Saint-Chéron, Sermaise, Blancheface et autres lieux, a présenté à l'évêque de Chartres une requête par laquelle il a demandé la translation de la Chapelle de Blancheface sous le titre de St-Georges, les revenus, privilèges & immunités qui y étaient attachés dans celle du château de Bâville sous le titre de St-Georges & St François.
Les habitants de Sermaise se sont assemblés à cet effet le lundi de Pâques 17 avril 1786, devant la porte & principale entrée de leur église, et après délibération ont constitué Pierre Coquet, procureur syndic de la communauté des habitants à l'effet de comparaître devant le commissaire nommé par l'évêque et de déclarer « qu'ils n'avaient aucuns moyens d'empêcher la translation demandée & y donnaient leur consentement. »
Ancienne Chapelle Saint-Georges à Blancheface et principale rue du hameau
Le Mesnil comprenait autrefois un fief qui relevait de la seigneurerie de Milly-en-Gâtinais & consistait, en 1577, en une censive montant à 18 sols parisis, à prendre sur les héritages assis au Mesnil entre autres sur un lieu anciennement appelé le Lieu de Guyot de Morainville. Ce fief a été vendu en 1577, par les doyen, chapitre & chanoines de l'église collégiale de Ste Croix d'Etampes à demoiselle Barde de Viel-Castel, veuve de François de Hémery.
En 1662, Guillaume de Lamoignon en a fait l'acquisition, et l'année suivante en a cédé le domaine utile à l'Hôtel-Dieu de Paris en s'en réservant la haute justice qu'il a incorporée dans son marquisat de Bâville. Ce hameau à été la résidence de Pierre Houdouin, notaire de Sermaise en 1650, qui terminait ainsi ses actes : « Fait & passé au Mesnil, en mon hostel, etc. »
Montflix
C'est un hameau qui appartient à peu près par moitié aux communes de Sermaise & de Villeconin. Montflix composait anciennement un fief qui relevait de celui de Graville, situé dans la paroisse de Sermaise. Ce fief consistait en un dixième du vin sur les vignes de Montflix, équivalent à un poinçon ou une demi-queue.
Dans la seconde moitié du XIVe siècle, il a appartenu successivement à Gérard de Montaigu et à Jean de Montaigu, son fils, grand-maître de France. En 1400, il était possédé par Guyot des Crosnes, seigneur de Blancheface, et en dernier dépendait du marquisat de Bâville.
Choses et autres
Sermaise sous la Réforme
A l'époque malheureuse des guerres de religion, les seigneurs de la contrée étaient généralement dévoués au parti catholique, cependant le seigneur de Sermaise, Louis de Hémery, apparaît comme protestant ; mais pour satisfaire à la volonté du roi Henri III, et à la déclaration faite pour l'exécuteur de l'édit du mois du juillet 1585 touchant la réunion de tous les sujets à l'église catholique, apostolique et romaine, il abjura le 16 juin 1587. Il existe à ce sujet une attestation de Louis Hureau, alors bailli & gouverneur de Dourdan et un certificat du curé et du vicaire de Sermaise.
Etat civil
Le plus ancien registre de cette commune est de 1675, en papier timbré, non coté. Il ne contient que les baptêmes jusqu'en 1678 ; l'autre, qui part de cette date, contient les trois sortes d'actes, avec la mention qu'il a été coté & paraphé par Leboistel.
Le premier acte du 1er registre est ainsi conçu :
« Du 2e de juillet 1675, est venu au monde Nicolas Favier, fils de N... & de N..., à été baptisé le lendemain par moi soussigné vicaire, le parrain Nicolas Lamarlé, la marraine Jeanne Chobard qui ont déclaré ne savoir signer » signé : Hochet.
Archives de la Mairie
Comme documents ou ouvrages anciens d'un certain interêt, figurant aux archives de la Mairie, il faut citer :
1. Table alphabétique des censitaires de la paroisse de Sermaise ;
2. Actes du terrier du marquisat de Bâville & Baronnie de St-Yon en ce qui concerne la paroisse de Sermaise rédigés par François Nicolas Brières de Mondétour, notaire au Bailliage & marquisat de Bâville & Baronnie de St-Yon, résidant à St-Chéron, nommé pour la réception des actes du terrier des dits marquisat de Bâville & Baronnie de St Yon, successeur de Jean Brières et par Le Tellier, successeur de François Nicolas Brière ;
3. Terrier de Sermaise ;
4. Carte topographique de la terre & seigneurerie de Sermaise faisant partie du marquisat de Bâville, divisée en quatorze feuilles d'atlas par des ponctuations, et numérotées en chiffres romains ;
5. Répertoire numéral des cartes de Sermaise, donnant la contenance en arpens, perches & fractions des nos de la carte topographique, la nature des héritages, les conditions d'héritages (roture, censive, domaine) et les anciens lieux-dits.
Coutumes et usages locaux
Sous l'ancien régime, la France, au point de vue de la législation, se divisait en deux grandes parties, à peu près séparées par la Loire, et qui se nommaient : celle au midi, les pays du droit écrit, et celle du nord, les pays de coutumes ou du droit coutumier, dans lesquels se trouvait notre village de Sermaise.
Le droit écrit n'était autre chose que le droit romain, conservé par la traditions & les monuments écrits.
Quant au droit coutumier non écrit dans son origine il se composait de nombreux éléments, chartes d'affranchissements, contrats survenus entre les seigneurs & leurs tenanciers, usages adoptés dans chaque province ou seigneurerie, décisions juridiques de cours souveraines, actes notariés particulièrement. Tous ces éléments, à l'état d'usage recueillis & coordonnés, ont formé ce que dans chaque province on a appelé la coutume.
Sermaise a dû être régi par les coutumes d'Etampes et par celles de Paris, ayant été rattaché au marquisat de Bâville. La première coutume de Paris date de 1510, celle d'Etampes de 1556.
En comparant l'ancienne législation avec celle de nos jours on trouve des différences très considérables dont quelques-unes méritent d'être signalées.
Ainsi, dans les successions féodales, on voit le droit d'aînesse qui consistait par préciput dans l'hôtel ou manoir à choisir aux basse-cour & jardin, moulin, four & pressoir qui s'y trouvaient, en outre l'ainé prenait deux tiers dans la succession s'il n'y avait que 2 enfants et moitié s'il y en avait plus de deux.
Entre roturiers, au contraire la succession se partageait également entre les héritiers, et chacun d'eux ne pouvait être avantagé au préjudice des autres.
L'article 72 de la coutume d'Etampes décide que le droit de rue & d'égout ne peut s'acquérir par la prescription, même centenaire, mais par titre.
L'âge pour disposer de ses meubles par testament était de 20 ans pour les hommes et 18 pour les filles, et de 25 pour exercer le droit entier.
Le testament pouvait être reçu par le curé de l'église paroissiale ou son vicaire principal, en présence de deux témoins.
La fille pouvait renoncer aux successions à échoir de ses père & mère.
Les religieux & religieuses ne succédaient pas à leurs parents.
Les hôteliers, taverniers & cabaretiers ne pouvaient exercer aucune action pour dettes contractées chez eux par des gens habitant les mêmes lieux qu'eux.
Usages locaux
Location
Le loyer des maisons est d'une année et expire toujours à la St-Martin le 11 novembre. On doit se prévenir six mois à l'avance pour les maisons entières ainsi que pour les parties de maison dont le loyer est de 100 francs & plus.
La même marche est observée pour les auberges, boutiques d'épiciers, etc, de quelque prix que soient les locations et qu'il y ait ou non des terres, pourvu qu'elles ne soient pas assolées. La signification doit être faite trois mois d'avance pour les portions de maison dont le loyer ne s'élève pas à 100 francs.
On accorde 8 mois pour les granges dont la location finit toujours le 24 juin (St Jean). Pour les vignes, prés, terres labourables non assolées, la signification doit être faite également 8 mois d'avance. Quand les terres labourables sont assolées, le congé doit être signifié avant le 1er avril de la dernière année de l'assolement (au dessus d'un hectare 1/2, il y a assolement).
Bois
L'usufruitier de hauts bois ne peut les couper, mais il doit les élaguer tous les 9 ans, excepté les chênes ; quant aux taillis, l'habitude est de les couper tous les neuf ans.
L'abatage pour ce qui concerne le propriétaire doit être terminé le 1er avril, et le débard ou enlèvement définitif le 1er mai.
Il était autrefois d'usage d'aller dans les bois à partir du 1er novembre mais 2 jours par semaine seulement pour y ramasser de la mousse ou des feuilles et surtout pour y couper du bois mort et du mort-bois, tels que ronces, épines, genets ; mais cet usage a cessé entièrement.
Plantation des arbres à haute tige
Autrefois on exigeait que les pommiers, poiriers ∓ autres arbres fruitiers, deux mètres et pour les noyers huit mètres.
En ce qui concerne les haies, les bois & les hauts bois, l'usage s'étant perdu, on suit actuellement les dispositions du Code Civil.
Il en est de même pour les fossés. Quelques personnes prétendent qu'il doit être laissé un talus pour soutenir les terres du voisin ; mais aucune donnée n'en précise la dimension ; de sorte que ce talus n'est pas obligatoire, sauf au voisin à retenir ses terres comme bon lui semble.
Congés pour loyers des maisons
Pour une maison sans terrain, le congé est donné le 10 août pour sortir à la St Martin, 11 novembre. Il en est de même des sous-locations. Pour les maisons louées avec des terres non assolées, le congé se donne le 10 mai pour sortir à la St Martin, 11 novembre.
Pour les fermes, elles se louent toujours avec bail de 9 ans, et, à l'expiration, le fermier sortant laisse les pailles & fumiers, donne à son successeur une chambre pour lui, et place à l'écurie pour les chevaux jusqu'à la St Jean où il doit s'en aller. Le fermier sortant ferme la grange jusqu'à la fin du battage, qui doit toujours se terminer à la St Jean.
Réparations locatives
Elles se font par les locataires à la hauteur d'un mètre, y compris le carrelage, les vitres, serrures & accessoires, et le locataire ne peut rien emporter de ce qui est scellé.
Glanage
On ne peut glaner que 24 heures après enlèvement des gerbes. Les moutons ne peuvent entrer sur les terres que 24 heures après les glaneuses.
Vaine pâture
Elle comprend surtout celle qui s'exerce sur les chemins, les routes & dans les fossés qui les bordent ; c'est là un des usages les plus abusifs. Elle n'est plus admise sur les prairies naturelles & artificielles ; cependant les vaches ont toujours été tolérées dans les champs non ensemencés jusque fin mars, sauf le cas de clôture.
Il existe encore un usage ou plutôt une règle en agriculture, qui est de considérer les ensemencements comme labours, façons, semences, jusqu'au jour de la St Barnabé, 11 juin, inclusivement ; mais à partir de ce jour ils sont considérés comme récoltés, et comme telles susceptibles d'être vendus ou saisis. Les fruits des arbres, à partir du 25 juin, et le raisin, à dater du 7 août inclusivement, sont dans le même cas.
Usages appliqués aux personnes
Quand un jeune homme étranger à la commune s'y marie, les jeunes gens tirent des pétards & des coups de fusil en signe de réjouissance, et, à la sortie de l'église, ils offrent le vin d'honneur aux époux & aux autres personnes de la noce9.
Après la cérémonie des baptêmes, les parrains & marraines jettent aux enfants & à la foule des poignées de dragées ; ils vont aussi offrir des dragées à leurs amis & aux notables personnes du pays.
Les charivaris10 chantés autrefois à l'occasion des mariages en secondes noces n'existent plus ; ils sont abolis depuis si longtemps que personne ne saurait préciser en quoi ils consistaient.
Aux enterrements religieux, les proches parents du défunt remettent en offrande au clergé du pain & quelques bouteilles de vin. C'est là un dernier vestige de la dîme ecclésiastique.
Le feu de St Jean qui se fait encore régulièrement dans certaines localités est peu pratiqué ici où la commune est desservie au point de vue catholique par un prêtre voisin. Il rappelle la coutume antique des feux de joie du solstice d'été comme la veillée de noël rappelle les réjouissances du solsiste d'hiver.
Faits importants
Inondations à Sermaise
Sermaise a failli être détruit plusieurs fois par les inondations. On a peine à croire à la colère de la paisible & modeste rivière d'Orge, cependant les ravins qui sillonnent les versants de la vallée (nous les nommons plus haut) au moment des grandes pluies grossissent considérablement & étendent le lit du cours d'eau. Sans parler de débordements anciens dont les alluvions témoignent, le village a été submergé le 4 juin 1780. À six heures du soir, après un violent orage, l'Orge subitemment gonflé a ruiné une partie des maisons et englouti plusieurs personnes.
De braves gens dont on a conservé les noms, Blot & Beaumont sauvèrent à eux deux dix-sept personnes. La vallée se trouva comblée de 1 m 40, l'église enterrée et le sol végétal recouvert de bancs de ravine.
Une seconde inondation a eu lieu en 1829.
Sermaise ravagé par les chenilles
Nous avons dit, dans la partie géographique de cette monographie, qu'en général les chenilles commettent ici peu de dégâts ; cependant, en 1868 une partie de notre territoire a été ravagé par une prodigieuse quantité de ces insectes, et ce qui était particulièrement remarquable c'est que toutes les chenilles appartenaient à une espèce peu connue dans nos localités.
Elles paraissaient se nourrir indifférement de toutes les feuilles que produit la végétation. Les pentes à l'exposition du midi, qui commencent au-dessus de Saint-Evroult et se continuent jusqu'à Hautes-minières en ont été particulièrement maltraitées ; toutes les feuilles de leurs bois & de leurs arbres sans exception en ont été dévorées, et pendant plusieurs mois ces pentes ont présenté le plus triste tableau qu'on puisse imaginer.
Ce qui a été le plus extraordinaire, c'est que dans l'espace de dix à douze jours, trois trains de chemins de fer ont été arrêtés par des chenilles. Le fait pourra paraître invraisemblable, mais il est parfaitement vrai, et, bien mieux encore, il s'explique de la manière la plus simple comme on va le voir.
Les trains ont été arrêtés entre la Maison Blanche & la Mercerie ; là se trouvait une multitude infinie de chenilles occupant la voie, et les rails particulièrement en étaient couverts de plusieurs épaisseurs. On peut présumer que la chaleur des rails chauffés par le soleil et le passage des trains convenait aux chenilles qui s'y accumulaient dans une proportion considérable ; or, quand les trains ont passé, les nombreuses chenilles écrasées ont empêché l'adhérence des roues aux rails, de sorte que ces roues ont tourné sur place et patiné au lieu d'avancer et que le train parcourant une légère montée, s'est trouvé arrêté.
Une première fois il a fallu aller chercher à Dourdan une locomotive qui a aidé à monter le train. La deuxième fois il a suffi de balayer les chenilles sur une certaine longueur. La troisième fois une locomotive de Dourdan a encore été réclamée ; et à partir de ce moment des ouvriers sont restés chargés de chasser & balayer les chenilles des rails et l'accident ne s'est plus reproduit.
La production d'une aussi grande quantité de chenilles sur notre territoire et dans son voisinage est d'autant plus difficile à expliquer que l'espèce s'y rencontre assez rarement et toujours en très petite quantité ; on ne peut que supposer une sorte de nuée de papillons ayant passé dans l'air et abandonné leurs oeufs au-dessus des points qui en ont été infestés.
Les chenilles ont duré du commencement de juin jusque vers le milieu du mois d'août ; une grande quantité est morte d'inanition, faute de nourriture ; beaucoup se sont transformées en chrysalides, ont formé des masses enveloppées de filaments dans les arbres, ou attachées aux arbres eux-mêmes du côté opposé à la pluie & aux grands vents ; et soit qu'elles aient souffert pour se nourrir, soit pour toute autre cause inconnue, presque toutes les chrysalides se sont desséchées, et quelque soin que certains amateurs aient pris il ne leur a pas été possible de se procurer un seul papillon en provenant.
Personne ne connait ni le nom de la chenille ni du papillon qui lui succède ; cependant on nous en a donné la description suivante : longueur, de 5 à 6 centimètres ; corps recouvert de longs poils noirs serrés ; tête dépassant en grosseur celle du corps.
Ce serait à mon avis la chenille du bombyx dispar qui répond aux indications ci-dessus et dont la voracité est excessive ; elle s'attaque à tous les arbres sans distinction, même aux feuilles des noyers, platanes, hêtres, charmes, que la plupart des chenilles semblent dédaigner.
Catastrophe du puits de Blancheface
Le percement du puits communal au hameau de Blancheface en 1888 rappelle un affreux accident dont fut victime un ouvrier puisatier Detillieux (Jean Joseph) sujet belge. Il travaillait pour le compte de M. Poulain entrepreneur à Saint-Arnoult.
Le puits avait été creusé jusque dans l'eau, à presque 70 mètres de profondeur. Detillieux exécutait le muraillement, et l'avait monté jusqu'à 36 m. 50 du sol, lorsqu'il fut enseveli, le vendredi 20 avril 1888, vers 6 heures du matin, par l'éboulement de la partie supérieure de la couche des sables ; il lui restait à murailler, dans ces sables, 14 m 50 environ de hauteur ; au-dessus, il devait retrouver les terrains résistants régnant jusqu'au sol, et dans la hauteur desquels aucun danger spécial n'était à redouter pour un homme connaissant son métier.
L'ingénieur des mines du département, aidé d'un détachement du 1er régiment du génie et d'ouvriers civils, parmi lesquels M. Preter puisatier à Saint-Maurice, entreprit le déblaiement, sous la haute direction de M. l'ingénieur en chef des mines de l'arrondissement minéralogique de Paris.
Mais ce qu'on fit est absolument incompréhensible, et semble n'avoir été combiné que pour attendre le moment où l'on pourrait se retirer, en déclarant : qu'aucun espoir de sortir Detillieux vivant n'existant plus, il était inutile de risquer d'autres vies.
L'ordre d'abandonner le déblaiement fut en effet reçu le 26 avril, sollicité certainement sur les rapports de l'ingénieur conducteur des travaux. Cependant le même jour on put remonter le câble auquel le pauvre puisatier avait été attaché au moment de descendre le 20 avril et sur lequel 15 hommes multipliés par le treuil avaient en vain tiré en commençant les travaux de sauvetage, et encore le 24 avril ; on remarquait que ce câble avait été coupé, que la section était nette et voisine de l'S en fer par lequel le seau du puisatier était accroché ; de plus, près de l'extrémité coupée du câble un morceau de papier était fixé par une ficelle, et il fut reconnu par un débitant du lieu comme ayant enveloppé du tabac vendu à Detillieux le matin même de l'accident : tous les habitants de Blancheface réunis autour de l'ingénieur n'eurent qu'un cri :
« Détillieux est vivant ! C'est un télégraphe (sic) qu'il nous envoie ! ».
En outre, un sapeur du génie, nommé Lacoste, qui travaillait dans le puits affirmait avoir entendu la victime.
L'entrepreneur Poulain, examinant le câble le 26 avril au soir confirmait leur croyance ; mais le respect de l'autorité qui, en se retirant, avait laissé défense expresse de toucher au puits, contint les bonnes volontés pendant toute la journée du 27.
Le samedi 28 avril, M. Poulain, accompagné du puisatier Laureau, se fit descendre dans le puits ; arrivés au plus bas possible ils appelaient : Joseph ! Il leur répondit et on l'entendit distinctement prononcer ces mots : « C'est vous Poulain ! ».
Detillieux était donc en vie.
Poulain & Laureau avec les habitants de Blancheface comme aides, commencèrent le déblaiement pour essayer d'arriver jusqu'à la victime. Avaient-ils réussi dans leur courageuse tentative ? C'est assez problématique, étant donnée la situation de la partie supérieure du puits ; mais au retour de l'ingénieur des mines & du détachement du génie immédiatement rappelé, les sauveteurs improvisés furent, malgré leurs protestations, obligés de laisser la place aux revenants.
Les journées des dimanche 29 et lundi 30 avril furent employées à entrer en communication avec Détillieux au moyen d'un tube enfoncé à travers les éboulis, et à lui passer, par ce tube, des aliments qu”il consomma en partie.
Le mardi 1er mai, le déblaiement du puits éboulé étant définitivement jugé impossible, on commençait le creusement d'un puits latéral, au moyen duquel on arrivait, par une galerie horizontale, à retirer le cadavre de Détillieux, le lundi 14 mai à deux heures de l'après-midi.
Detillieux avait vécu au moins jusqu'au 1er mai, et peut-être jusqu'au 5. Le mardi 1er mai, à 8 heures du matin, on l'avait encore entendu crier : « Courage ! ». C'est le dernier mot que l'on ait reçu de lui.
En même temps que le travail du puit latéral, une nouvelle tentative de sauvetage à été faite, dans le puits éboulé, par M. Mongrédien, architecte à Fourmis (Nord), aidé de deux mineurs : Rocmance et Colle, et de quelques habitants de Blancheface.
Ayant commencé le dimanche 6 mai, vers midi, au moyen d'un procédé de son invention, M. Mongrédien arrivait dans la nuit de vendredi 11 au samedi 12 mai, à 3 mètres environ de la victime ; mais il avait été obligé à des efforts véritablement surhumains & héroïques : il se trouvait presque épuisé ; il était, en outre, sollicité de laisser au génie l'honneur de la découverte du cadavre de Detillieux ; ils se retirerent donc.
Cependant c'est à M. Mongrédien et à ses mineurs cités plus haut que revient, dans ce triste épisode, la haute palme de l'ingéniosité, et de l'opiniâtreté dans le courage & le dévouement.
Le tout n'a abouti qu'à retirer un cadavre d'un puits éboulé et pourtant l'administration n'a rien négligé dans le but d'un bon résultat : près de 1000 francs furent accordés sur les fonds de l'état pour indemniser les sauveteurs et activer les travaux. M. Lardin de Musset, alors Sous-Préfet de Rambouillet est venu lui-même sur le lieu de la catastrophe, aidant de ses sages conseils et encourageant les ouvriers.
Détillieux (Jean Joseph), puisatier, âgé de 52 ans, célibataire, domicilié à St Martin-de-Bréthencourt, était né à Wierd, province de Namur (Belgique). Il a été inhumé le 15 mai 1888 au cimetière de Sermaise, où les soldats du génie lui ont élevé une modeste croix en bois, seul souvenir aperçu aujourd'hui sur sa tombe.
Edifices communaux — Cimetière — Pompe à incendie
La Mairie actuelle a été construite en 1845. Avant cette date, le Maire & le secrétaire de la mairie étaient détenteurs des archives. C'est à l'école que l'on célébrait les mariages et que le conseil municipal s'assemblait pour délibérer.
Notre mairie est un immeuble de bien médiocre apparence, érigé sur le bûcher, le poulailler, ... etc du presbytère, qui en occupent le rez-de-chaussée. Ce trop modeste édifice ne donne aucune idée de la priorité du pouvoir civil ; il est bien peu en rapport avec l'importance des assemblées qui y sont tenues et des actes décisifs qui y sont accomplis.
Il serait désirable que le presbytère par exemple, en raison de sa situation bien en vue sur la place publique, et qui restera désormais inoccupé, fût désaffecté et transformé bientôt en Mairie.
Photographie de la mairie
Il sera parlé plus loin, en détails, de notre Ecole, la 4e partie de la monographie étant spécialement réservé à tout ce qui touche, localement parlant, l'instruction publique.
Une église sous le vocable de Ste Anne est située au centre du village et paraît remonter au 16e siècle. Elle présente une nef principale et deux bas-côtés. Son clocher peu élevé et de forme carrée se terminait autrefois par quatre pointes ou clochetons.
Cette église a dû être bâtie en plusieurs fois, l'ensemble présentant un mélange plus ou moins heureux du roman & de l'ogival. Une pierre à l'intérieur, placée au dessus de l'entrée principale, porte l'année 1786 où des travaux importants de réparations & d'agrandissement ont dû être exécutés.
Il y a dans le bas-côté sud la pierre tumulaire de trois personnages dont un portait le nom de baron de Sergmès, fondateur ou du moins restaurateur de l'église. Cette pierre qui était placée au pied de l'autel Ste Anne s'était assez bien conservée, mais vers 1850, de l'avis du curé de ce temps, elle a été enlevée, coupée & placée dans un endroit de passage où elle s'est en partie effacée. La date, au dire des habitants, était celle de 1522.
Photographie de l'église
L'horloge du clocher remonte au siècle dernier, disent les anciens, cependant on ne peut préciser. Elle est à sonnerie mais n'a pas d'aiguille marquant les minutes et ne peut en avoir en raison de ses rouages grossiers et trop simplifiés.
Par acte reçu par Me Boivin, notaire à Dourdan, le 30 août 1829, M. Marchand-Vernouillet, maire de la commune de Sermaise, et Me Catherine Elisabeth Chanchot, son épouse, ont fait don à cette commune pour servir de presbytère, d'un immeuble situé près de l'église et habité depuis longtemps déjà par les curés de Sermaise.
Cet immeuble est aujourd'hui vacant et en très mauvais état, la commune étant desservie au point de vue du culte catholique par le curé de Roinville.
L'église où s'exploite beaucoup le culte des morts était généralement autrefois entourée par le cimetière ; il en était de même à Sermaise. C'est en 1853 que le champ des morts à été transféré où il se trouve actuellement.
Depuis 1850, la commune de Sermaise possède une pompe à incendie. A la suite d'un referendum entre les habitants du village et les hameaux on a construit en 1852, à Blancheface et non au chef-lieu, un bâtiment destiné à abriter cette pompe, et aussi, d'un seul tenant, un corps de garde ou refuge pour les passagers.
Une subdivision de sapeurs pompiers a été organisée l'année même de l'acquisition de la pompe à incendie.
La société des membres honoraires de la subdivision est de formation toute récente ; ses statuts ont été approuvés le 14 mai 1897.
Quatrième partie
Instruction publique
En suivant la lecture des Registres de l'Etat civil de la commune de Sermaise, dont le plus ancien, nous l'avons dit, est de 1675, on peut établir la liste de tous les Instituteurs qui ont exercé dans la commune depuis plus de deux siècles.
Avant 1789
Leloup François (1675 - 1680) ; Perrolat Jacques (1680 - 1686) ; Lamiral François (1686 - 1689) ; Hérué Pierre (1689 - 1695) ; Legendre Barthélemy (1695 - 1698) ; Noustre Louis (1698 - 1699) ; Lerebours (Louis) 1699 - 1700 : À la fin de l'année 1700, ce maître passa prêtre-vicaire à Sermaise ; de Beauvoisins Charles (1700 - 1709) ; Boizard Jacques (1709 - 1713) ; Savouré Denys (1713 - 1718) ; Isambert Michel (1718 - 1727) ; Guischard François (1727 - 1730) ; Leblanc Pierre (1730 - 1739).
Ces maîtres d'école qui sont au nombre de treize ont occupé le poste de Sermaise pendant 64 ans, ce qui fait une moyenne de près de cinq années chacun. Il est impossible de connaître les locaux qui leur ont servi d'école. Sans doute ils étaient chantres car on les rencontre témoins de tous les actes d'inhumation et souvent avec le bedeau. Il y a lieu de croire aussi qu'ils étaient originaires de Sermaise, la plupart des actes de l'église étant signés par eux avant et après leurs fonctions de maîtres d'école. Leurs signatures sont très lisibles et généralement en belle bâtarde.
Les maîtres qui ont succédé à ceux que l'on vient de citer ont tenu classe d'abord dans une maisonnette qui est encore debout mais non habitée et appartenant à M. Boudon. La pièce où se faisait l'école a 5 m 50 de long, 3 m 50 de large et 3 m de haut ; le jour n'y pénétrait que par une seule croisée, et le maître n'avait qu'une pièce très exiguë et un grenier. L'immeuble est situé près de l'église sur la place publique et les anciens collègues qui en ont fait leur résidence sont :
Gautier Jean (1739 - 1793) – c'est lui qui en 1793 rédigea le premier acte signé par un officier de l'état civil, et à partir de
cette époque la mairie a été tenue par les Instituteurs qui ont exercé à Sermaise ;
Gautier Denis Bernard fils du précédent (1793 - 1796) ; Faguet (1796 - 1797).
Règles et moyens employés par le M Gautier père pour encourager les enfants à bien apprendre
« En premier lieu, au commencement, le Maistre d'école baillera à chacun enfant trois privilèges chacun desquels empêchera d'estre battu sinon que la faute fust trop grande. Le Maistre placera les enfants sur plusieurs bancs suivant capacitez et sur chaque banc fera asçoir dix enfants ou plus (si tant y en a) d'une même capacitez, le premier desquels sera celuy qui dira le mieux la leçon ; le second après, etc.
Le premier de chacun banc sera assis au haut bout, aura un nom honorable et sera exempt d'estre battu tant qu'il sera le premier s'il ne commet quelque grande faute. Celuy qui de chacun banc sera le dernier sera appelé le dernier ou aura quelqu'autre nom suivant la prudence du maistre. Le Maistre baillera une heure aux enfants pour venir à l'escole, laquelle heure passée celui qui viendra devant son prochain compagnon gagnera sa place : les enfants estant arrivez, le Maistre les fera prier Dieu puis à chacun d'eux leur baillera une mesme leçon.
Le Maistre commencera au premier banc et fera venir devant soi tous les enfants de ce banc et commencera au premier auquel en sa présence du second il fera dire sa leçon. Si le premier manque à sa leçon trois fois et que le second le corrige les trois fois il aura sa place et le second sera le premier et cette correction que le second aura luy servira de leçon, puis le Maistre fera dire la mesme leçon au troisième en la présence du quatrième, que si le troisième fait des fautes et que le quatrième les corrige trois fois il aura sa place et ainsi des autres ce qui sera observé en tous les bancs. Les enfants ayant tous dit leurs leçons le Maistre les fera agenouiller et au premier fera dire Benedicite, etc. et puis les fera déjeuner.
Ce fait le Maistre fera répéter aux enfants leur leçon, fera venir devant luy les enfants du premier banc et commencera au dernier en la présence de celuy qui le suit auxquels deux il fera répéter leur leçon, ce fait le dernier montrera à celuy qui est proche devant luy trois mots difficiles si des trois il en ignore un seulement il ne perdra pas sa place mais s'il manque deux ou trois fois et que le dernier le corrige il aura sa place. Ce fait le Maistre fera répéter au suivant en présence de celuy qui a gagné la place lequel taschera encore de gaigner sa place et lui fera trois questions desquelles s'il en corrige deux ou trois il aura encore sa place et ainsi le maistre continuera à faire répéter et questionner jusques au premier pour avoir sa place duquel il faudra qu'il aye manqué les trois fois et que celuy qui le précède le corrige et ainsi de banc en banc et ce par chacun tous la matinée et l'après-midy. Le Maistre d'Escolle ne chastiera les enfants en cholère ne les outragera, ainsi les gouvernera par prudence et fera en sorte que nul ne s'en retourne qu'il n'ait appris quelque chose de nouveau chaque jour. »
Les enfants étaient reçus à l'école quand ils pouvaient bien prononcer : « Credo in Deum Patrem, credo in Jesum christum, credo in spiritum sanctum. »
Après la Révolution
Chevallier (Félix) a été instituteur à Sermaise de 1797 à 1828. Il avait passé quelques années au séminaire de Versailles, mais se sentant une vocation pour l'enseignement de la jeunesse il quitta l'habit de prêtre et vint tenir l'école de Sermaise. Par son instruction assez développée et par sa bonne tenue il s'attira l'attention des familles et son école était fréquentée non seulement par les élèves de Sermaise mais aussi par ceux des hameaux voisins dépendant des communes de Roinville, Villeconin & St-Chéron. Outre ses fonctions d'instituteur et de chantre, il a exercé aussi celles de receveur municipal & d'adjoint au Maire. Avec la rétribution scolaire qui était de 0F75 par mois il recevait un pain mensuel par élève, de 1 kilogr 1/2, et à cause des bons services qu'il rendait aux habitants, ils lui fournissaient le vin & le cidre nécessaire à sa consommation.
Gautier père et fils, dont il a été parlé plus haut et Chevallier étaient propriétaires de la maison où ils tenaient classe, ils recevaient de la part de la commune la somme de 30 francs à titre d'indemnité de logement.
Depuis 1793 jusqu'à 1807, le greffe de la mairie donna un traitement de 18 francs et le montage de l'horloge un traitement de 25 francs. En 1825, l'instituteur Chevallier avait en dehors de sa rétribution scolaire un traitement de 40 fr pour la Mairie, de 25 francs pour l'horloge communale, un supplément de 50 francs, une indemnité de logement de 30 francs, soit 145 francs d'allocations diverses.
Aucune liste de gratuité n'était dressée, mais malgré cela le curé qui visitait souvent l'école et la couvrait d'une grande protection désignait les enfants qui devraient recevoir l'instruction gratuite.
Hardy Félix a exercé de 1828 à 1848. Cet instituteur fit l'école dans une maison qui était sa propriété et qui est encore occupée par sa famille. Elle offrait une salle de classe plus convenable sous tous les rapports que celle qui servit pendant 89 ans et dont on a parlé plus haut.
En 1831, la commune paya à M. Hardy une indemnité de logement de 80 francs. En 1833, le 22 septembre, le conseil municipal de la commune de Sermaise, en vertu de la loi du 28 juin de la même année, se réunit et prit les dispositions suivantes :
« Le Conseil municipal est d'avis que l'instruction dans la commune de Sermaise soit portée instruction primaire élémentaire. Le taux de la rétribution est de 0F75, 1 fr, 1 fr 25, 1 fr 50, 1 fr 75. Le traitement fixe de l'Instituteur est de 200 francs.
Le Conseil est d'avis qu'il soit porté un nombre de 10 élèves gratuits à l'instruction primaire élémentaire. »
L'année suivante le nombre de gratuits est porté à 12. En 1836, la rétribution mensuelle est fixée à 1 fr pour la première classe, 1 fr 50 pour la seconde et 1 fr 75 pour la 3e.
Les enfants qui fréquentaient alors l'école étaient au nombre de 35 l'été et de 55 l'hiver. Ceux en âge de la fréquenter étaient de 70.
Le 11 mai de cette même année la commune fit l'acquisition moyennant la somme de 4200 francs d'une maison appartenant à M. Veillard pour y installer l'école communale. Les dimensions de la salle de classe étaient : 8 mètres de long, 5 mètres de large, 3 mètres de haut. Le logement de l'Instituteur se composait d'une chambre froide & d'une chambre à feu.
En 1842, le taux de la rétribution scolaire était de 1 fr 35 pour tous les ages. Les indigents étaient au nombre de 8 et 45 enfants fréquentaient l'école.
En 1846, le taux de la rétribution mensuelle par élève a été porté à 1F50 pour les enfants au dessus de 6 ans et à 1 fr pour ceux au-dessous de 6 ans.
A la fin de l'exercice de M. Hardy les allocations communales étaient les suivantes : Mairie, 65 fr 25 ; horloge, 25 fr ; traitement fixe 200 fr - total 290 fr 25. L'indemnité de logement a cessé d'être payé en 1837 où l'école, on le voit plus haut, est devenue propriété de la commune.
Vavasseur Louis Alexandre n'exerça que pendant quelques mois. Il a quitté Sermaise fin 1848.
Alleaume Ambroise lui a succédé de 1848 à 1861.
En 1849 la commune vote un supplément de traitement de 50 francs. Les enfants qui, à cette époque fréquentaient l'école étaient au nombre de 45 et ceux qui auraient dû la fréquenter au nombre de 50 ; on comptait 9 indigents.
En 1852, le traitement du secrétaire de Mairie est porté à 80 francs. En 1857 le conseil municipal émet le vœu de construire à la même place une autre école, celle qui existait étant insuffisante pour recevoir la population scolaire qui était montée à 80 enfants. La maison achetée en 1836 fut rasée et l'école actuelle élevée sur l'ancien emplacement. Elle coûta à la commune 12.300 francs.
Au départ de M. Alleaume les suppléments communaux s'élevaient à 440 francs. À partir de 1852, la rétribution scolaire fut en moyenne de 850 francs. En 1861 les élèves payants étaient de 71 et les indigents de 9.
Poullain Jules Léon a habité le premier l'école d'aujourd'hui, inaugurée en janvier 1861. Ce maître dévoué exerça à Sermaise jusqu'en 1870 où il fut nommé à Saint-Chéron. Notons quelques modifications apportées ici dans la situation de l'Instituteur et de l'enseignement pendant cette periode d'exercice : en 1864 la rétribution scolaire étant décroissante, le Conseil municipal en reconnaissance des bons services rendus par l'Instituteur, élève le supplément de traitement de 100 francs à 200 francs. En 1868, par suite de la loi du 10 avril 1867, l'administration communale fixe le taux de la rétribution scolaire pour les indigents à 1 fr 50 par enfant au-dessus de 6 ans et de 1 franc par enfant au-dessous de cet âge ; il est voté en même temps une indemnité de 175 francs pour cours gratuits aux adultes et de 180 francs pour la direction des travaux à l'aiguille.
Bosne Athanase a exercé à Sermaise de 1870 à 1872.
Vernier Louis Théodore lui a succédé. En 1879, ce maître, comme son arrière prédécesseur M. Poulain, était envoyé en avancement à Saint-Chéron. Après quelques années d'exercice dans ce poste il a demandé, pour raison de santé, son admission à la retraite. Il est actuellement secrétaire de l'importante mairie d'Essonnes, près Corbeil11.
Voisin Henri Théophile Omer décédé à Breuillet a occupé le poste de Sermaise de 1879 à 1886.
« Moyens disciplinaires » employés par M. Voisin
« Un bon emploi du temps fait de manière que tous les élèves des différentes forces puissent être occupés ensemble ; toutes les classes préparées à l'avance c'est-à-dire les lectures choisies, les mots à expliquer soulignés ainsi que les passages à développer, les problèmes d'arithmétique posés, et quand tout cela est fait, les enfants faciles à diriger on peut les conduire comme par la main.
Je place toujours au commencement de chacune des classes du matin & du soir les leçons qui exigent le plus d'attention, et je m'arrange toujours de manière à ce que les exercices ne durent jamais plus d'une demi-heure.
Une petite récréation ou repos de dix minutes a lieu au milieu de chaque classe du matin & du soir ; tout étant un moyen efficace d'obtenir la docilité des enfants en classe, il supprime toutes les sorties qui devraient avoir lieu pendant toute la classe et qui la troubleraient à chaque moment. Ce repos est non seulement utile au bon ordre de la classe mais aussi au maître qui a besoin de respirer un instant cet air pur qui lui permettra de mieux continuer la surveillance de sa classe et l'enseignement qu'il est chargé de donner... J'évite autant que possible le trop grand nombre de punitions qui deviendrait un abus chez les enfants et cela est possible en ayant constamment les yeux sur eux et en les avertissant souvent et en ne les laissant jamais oisifs. Quel que soit l'âge des enfants, ils ont un côté sensible et quand on l'a trouvé on les tient en crainte lorsqu'on le veut.
Quand un enfant a commis une faute je crois avant de recourir à la retenue, aux pensums12, et qu'une explication est tout ce qu'il mérite, mais si la faute se renouvelle, je le punis avec sévérité mais sans colère. Je n'accepte jamais la première punition qui se présente à moi sans avoir bien examiné la faute que je dois punir et le caractère de l'enfant. À un enfant insensible j'impose une forte punition et j'ai plus de ménagement pour un enfant dont le caractère est plus sensible ; et pour ne pas être qualifié de partial, je ne dis jamais à l'avance les punitions employées pour telle ou telle faute. Pour punition je donne un surcroît de travail qui se fait pendant les récréations, ce surcroît de travail est généralement court mais j'exige qu'il soit mieux fait que les devoirs donnés régulièrement. Je n'emploie la réprimande que très rarement car l'enfant s'y accoutumerait et bientôt n'en serait plus touché.
L'enfant a besoin d'être encouragé par quelque signe qui lui dise que son travail et sa conduite sont approuvés de ses maîtres. S'il en était autrement, il recevrait l'enseignement sans aucun goût et son germe délicat mourrait sans se développer et sans produire de fruits. Des livres bien choisis sont pour lui un grand témoignage de l'approbation donnée à ses succès, ils formeront un petit fonds de bibliothèque de famille qui lui rappellera dans tout le cours de sa vie le plus aimable souvenir. Le moyen que j'emploie à ce sujet consiste à donner un bon point à toute réponse qui est faite par l'élève dans le cours d'une leçon et chaque fois que le travail & la conduite de l'enfant sont satisfaisants. Quinze jours avant l'acquisition des livres de prix qui seront remis solennellement aux lauréats par les plus notables de la commune, je fais rendre les bons points obtenus dans le courant de l'année et un livre est donné selon la valeur des bons points. Par les punitions j'assure le succès dans ma classe et prépare un terrain qui donnera les récoltes morales de l'avenir. Par les récompenses j'inspire à l'enfant le goût du travail qui est la plus grande ressource pour toutes les sociétés de notre belle Patrie. »
M. Hervieux (Armand Adrien), actuellement à Ormesson de l'arrondissement de Corbeil, fut nommé à Sermaise en remplacement de M. Voisin le 16 8bre 13 1886.
Il s'est montré, en dehors de ses fonctions d'Instituteur, agriculteur distingué. Mais la direction de l'école étant ici difficile & fatigante en raison du très grand nombre d'élèves (75 au minimum), M. Hervieux aurait demandé momentanément un poste de repos.
Je lui ai succédé le 17 avril 1898.
Situation matérielle et morale de l'école actuelle
Installation
Le plan d'ensemble de l'école et une vue du logement de l'instituteur figurant à la fin de cette notice, et donnant une idée suffisante de l'installation matérielle. Nous nous dispensons d'en donner ici les détails.
Permettons-nous cependant de faire remarquer que Sermaise, qui compte aujourd'hui plus de 500 habitants, devrait avoir son école de filles.
Traitement de l'Instituteur
En dehors du traitement légal l'Instituteur touche les allocations suivantes :
Supplément de traitement500F
Secrétariat de Mairie300F
Cours d'adultes100F
Horloge communale45F
Gymnastique aux agrés30F
Travaux à l'aiguille (femme de l'instr)150F
Total 1125F
Organisation pédagogique
Livres et cahiers en usage
Livres Tous les livres en usage figurent sur la liste départementale. La plupart sont empruntés à la collection des ouvrages publiés sous la direction de M. Cazes, inspecteur général de l'Institution publique, lesquels ouvrages présentent sur toutes les matières enseignés un enchaînement méthodique de leçons & devoirs et répondent entièrement aux exigences des programmes officiels.
Cahiers Cahier-journal (uniforme pour tous les élèves mais avec réglure particulière pour chaque cours ; indications précises sur la couverture) ; cahier de roulement ; cahier de devoirs mensuels ; cahier de morceaux choisis.
Préparation matérielle des classes
Carnet de morale ; carnet de préparation journalière des leçons & devoirs ; indication à l'avance, des leçons & exercices au tableau noir.
Affichés dans l'école Liste des morceaux de récitation ; liste des chants de l'année ; tableau des devoirs mensuels : tableau de l'Emploi du temps ; programmes nouveaux d'agriculture ; programme nouveaux de travaux à l'aiguille.
Discipline
Punitions Celles qui figurent à l'article 19 du Règlement général (données avec tact & ménagement).
Récompenses Encouragements donnés de vive voix toutes les fois que l'élève le mérite ; bons points ; bulletin mensuel de classement en rapport avec les bons points mérités et les résultats des compositions (1 par semaine) ; distribution annuelle de prix basée sur la valeur des bulletins mensuels et les notes obtenues dans les compositions de fin d'année.
Je suis d'avis de donner à la distribution des Prix une certaine solennité, car elle est le couronnement annuel des études scolaires et n'est pas étrangère au courant d'émulation qu'il importe d'établir entre les élèves d'une même école. Une distribution publique de prix excite aussi l'amour-propre des parents et les porte à s'intéresser aux progrès de leurs enfants.
Il est enfin utile, indispensable j'ose dire que l'école ait son jour de fête qui mette en relief l'instruction populaire pour laquelle le gouvernement de la République fait de bien grands sacrifices.
Emploi du temps et programmes — Instructions diverses
L'emploi du temps et les programmes adoptés ici sont ceux qui figurent à l'Organisation pédagogique des écoles primaires de Seine-et-Oise, parue en 1894. Il est tenu compte également des diverses instructions & circulaires insérées au Bulletin départemental de l'Instruction primaire.
Parmi ces nombreuses & sages instructions on peut citer celles qui ont été données sur les objets suivants :
- Maladies épidémiques (18 août 1893) ;
- Vaccinations & revaccinations (13 janvier 1895) ;
- Cahier de devoirs mensuels & cahier de roulement (15 janvier 1895) ;
- Enseignement de l'agriculture (24 octobre 1895) ;
- Cours d'adultes & alcoolisme (30 janvier 1896) ;
- Conférences publiques (31 janvier 1898) ;
- Maladies épidémiques & contagieuses (14 mars 1896) ;
- Statistiques des maladies épidémiques (9 avril 1896) ;
- Enseignement de l'agriculture (4 janvier 1897) ;
- Enseignement anti-alcoolique (9 mars 1897) ;
- Rapport général de M. Pestelard, Inspecteur d'académie, sur le même objet (n°9 & 10 de 1897) ;
- Devoirs de l'Instituteur (n°1 de 1898) ;
- Protection des animaux & conservation des oiseaux (10 mars 1898) ;
- Enseignement du travail manuel (17 7bre 1897) ;
- Entrées & sorties des élèves (8 juin 1899).
Mais, l'Instituteur n'est pas seulement un instructeur auquel on impose un horaire et des matières à enseigner, il doit, condition indispensable de succès, conserver sa part d'initiative et se garder d'être moins fidèle à l'esprit des programmes qu'à leur étendu littérale.
Appréciations personnelles
« La préparation à la vie » telle est aujourd'hui la formule commune à la définition de l'enseignement primaire dans tous les pays ; et pourtant, si l'on s'attarde trop à l'instruction professionnelle, on court le risque de rester dans une infériorité manifeste. L'apprenti muni des notions élémentaires en général prendrait le dessus sur celui qui n'apporte surtout à l'atelier que quelques habitudes de travail manuel.
Consacrer à l'apprentissage une partie importante du temps que la loi a sagement réservé aux études primaires proprement dites, ce ne serait donc pas seulement appauvrir ce fonds de connaissances essentielles qu'il importe, aujourd'hui plus que jamais, de fortifier et d'étendre dans les classes ouvrières pour assurer la prospérité et la moralité de la nation, ce serait porter un coup funeste à l'éducation professionnelle elle-même qui ne peut rien édifier de solide pour l'avenir qu'autant qu'elle repose sur des assises régulièrement établies d'une bonne éducation générale. Je m'applique en conséquence à approprier les études de l'école primaire à la destination sociale de l'enfant sans sacrifier le caractère de ces études.
Cependant, les exercices manuels de pliage & de découpage par exemple sont précieux pour l'enseignement du dessin & de la géométrie et présentent de plus une gymnastique de l'œil & des doigts, il est donc utile de leur trouver une place dans l'éducation populaire.
Aussi l'Instituteur rural doit apprendre aux futurs agriculteurs, au moyen d'expériences simples, les conditions essentielles du développement des végétaux cultivés, les mettre à même de comprendre la raison d'être des travaux habituels de la culture ordinaire et celle des règles d'hygiène de l'homme & des animaux domestiques, en un mot les préparer à l'apprentissage intelligent du métier qui les fera vivre.
Aimons nos enfants & notre classe ; qu'une fois sortis de l'école ils ne nous deviennent pas indifférents ; regardons-nous comme ayant en ce qui les concerne, charge d'âme ; préoccupons-nous de leur avenir et tâchons d'en faire, dans toute l'acception du mot des enfants bien élevés.
L'éducation populaire doit être vraiment républicaine et pour cela il faut qu'elle inspire aux enfants le respect dû à la personne humaine, la doctrine républicaine n'étant qu'une affirmation, une revendication de la dignité personnelle méconnue & rabaissée. Pour former de bons citoyens, elle doit aussi pénétrer les enfants d'un respect religieux pour la loi. C'est là en effet la première vertu du citoyen ; car le régime républicain n'est que le régime de la loi. De plus, le républicanisme ne consiste pas seulement dans l'exercice des droits mais surtout dans l'accomplissement du devoir.
User d'un droit est chose relativement facile et même agréable, accomplir son devoir est chose difficile & souvent pénible ; user d'un droit c'est en somme s'accorder une satisfaction légitime, remplir un devoir c'est presque toujours se refuser une satisfaction illégitime.
Le droit représente l'intérêt personnel, le devoir l'intérêt général ; le droit c'est notre part, c'est nous ; le devoir c'est la part des autres, c'est le prochain ; le droit enfin c'est l'égoïsme permis, le devoir c'est l'altruisme obligé. Or l'égoïsme est de sa nature avide, insatiable ; il faut le surveiller, le régler, le contenir, le mater, c'est-à-dire il faut une action énergique et incessante de la volonté sur l'instinct & la passion, en un mot il faut de la vertu.
Ce n'est pas sans raison que dans la devise républicaine aux mots de Liberté & d'Egalité on a joint le mot Fraternité ! Bien comprise la fraternité résume presque tous nos devoirs, elle modère les entraînements de la liberté, elle rabat les prétentions de l'égalité ; c'est à nous de chercher à faire en sorte, par l'éducation des hommes de demain, que la Fraternité ne reste pas un vain mot.
Disons maintenant que l'enseignement en général doit contribuer à la culture du sens moral. Tout enseignement a d'ailleurs une vertu moralisatrice, d'abord parce qu'en exerçant ou fortifiant l'esprit il le rend plus apte à se diriger lui-même, ensuite parce qu'en l'éclairant ou le fécondant il fournit à la volonté de puissants auxiliaires dans sa lutte contre la passion. Mais indépendamment de cette vertu générale inhérente à l'enseignement on peut dire qu'il n'est pas une science, pas un art qui n'ait quelque rapport plus ou moins sensible avec la morale, et dont l'enseignement bien donné, bien compris, ne puisse tourner au profit de l'éducation morale.
L'affaiblissement de la foi religieuse laisse un vide qui tend à s'agrandir ; des symptômes font craindre une certaine altération des idées régulatrices de la conduite privée comme de la vie publique, il faut donc presser le pas, cette situation réclame une large extension de l'enseignement moral et un puissant et général effort en faveur de l'éducation. La discipline par exemple ne doit pas être seulement répressive et subordonnée aux intérêts de l'enseignement, il faut l'étendre, l'enrichir, lui faire embrasser la vie morale de l'enfance.
Aussi pour ne parler que des bons points qui sont la monnaie écolière je ne les donne pas seulement pour une leçon bien sue, une question bien traitée, mais encore pour une conduite régulière pendant un temps donné, pour un acte de justice, de charité, pour ces sortes d'actions qui constituent ce qu'on peut appeler le bilan moral de l'école.
La valeur morale de la famille et la stabilité des institutions étant les premiers besoins d'un pays il est enfin nécessaire que l'enfant soit préparé dès l'école à l'accomplissement des devoirs qu'il aura un jour à remplir comme chef de famille et comme citoyen.
Pour obtenir ces résultats multiples, l'Instituteur ne doit pas seulement avoir été un bon élève, il a besoin d'être aussi un peu philosophe, dans l'acception vraie du mot, d'avoir quelque connaissance de la nature humaine, de connaître l'enfance, d'être apte à développer une qualité, à combattre un défaut, à redresser une idée fausse, à juger un principe, une règle de conduite.
Il doit posséder encore les qualités extérieures sans lesquelles un bon maître est sans action : une bonne tenue, de bonnes manières, une allocution convenable, en un mot les dehors14 de l'homme bien élevé.
Mais il en est des hommes comme de toutes les choses précieuses, pour les avoir il faut y mettre le prix, surtout aujourd'hui où le bien-être matériel est tant recherché, aujourd'hui où l'on semble chez nous s'apprécier un peu à l'américaine. La condition de l'instituteur déjà améliorée doit donc devenir meilleure encore, enviable même, afin d'échapper à la nécessité du recrutement banal.
Quand l'égoïsme, sous toutes ses révélations, sera entièrement banni de notre société, le corps enseignant sera au premier rang dans l'ordre moral, mais aussi son recrutement deviendra laborieux, difficile au plus haut point, et la mission d'instruire, d'éclairer, de forger des hommes, sera confiée non seulement à des leviers plus ou moins puissants, mais à des intelligences, à des sujets d'éducation complète, ayant au moins la notion de l'esprit de corps, le tact de savoir se soutenir entre eux.
Œuvres post-scolaires
Depuis 1877, l'école de Sermaise a son gymnase, et une indemnité de 30 francs est accordée chaque année à l'Instituteur pour l'enseignement de la gymnastique aux agrès en dehors des heures de service règlementaire. Je consacre à cet enseignement 1/2 heure par semaine.
Bibliothèque scolaire
Sa fondation remonte à 1869. Elle est composée de 354 volumes dont 80 ont été donnés par le Ministère de l'Instruction publique. Un crédit de 20 francs est inscrit annuellement au Budget communal pour l'entretien des livres de la Bibliothèque ou achat d'ouvrages nouveaux.
Du 1er novembre au 1er mars c'est-à-dire pendant la période d'hiver la Bibliothèque est ouverte au public tous les samedis, de 7 heures à 9 heures du soir pour la lecture sur place ou prêts de livres.
Mais en dehors de ce service régulier, pour encourager la lecture en famille, il est donné satisfaction à toute personne qui demande un volume à emporter.
Caisse d'épargne
Une caisse d'épargne scolaire a été établie en 1876, mais a dû être délaissée par les prédécesseurs. Les parents préfèrent placer dans l'ombre les économies de leurs enfants à la Caisse d'épargne de Dourdan ou à la Caisse postale de cette ville où ils se rendent chaque samedi à l'occasion du marché.
Je m'applique cependant à ce qu'aucun enfant ne quitte l'école sans être pourvu d'un livret de Caisse d'épargne : j'ai pu remettre cette année, à l'occasion de la distribution des Prix, 5 livrets avec un premier versement de 5 francs.
Vaccinations et revaccinations
J'exige et obtiens que tous les enfants fréquentant l'école soient vaccinés. Peut-être obtiendrai-je aussi peu à peu qu'ils soient revaccinés après 10 ans. Deux l'ont été dans la dernière année scolaire.
Musée scolaire
Pour rendre attrayant et profitable l'enseignement des notions de sciences physiques & naturelles notamment, je me suis appliqué depuis quelques années à réunir en un musée scolaire, comme l'on dit, les collections suivantes :
- 1. Objets fossiles ;
- 2. Minéraux (60 environ) ;
- 3. Le fer & l'acier (fabrication) ;
- 4. Le zinc (fabrication) ;
- 5. Classification des végétaux d'après leurs graines ;
- 6. Herbier des plantes les plus connues (100 types) ;
- 7. Herbier des fourragères (100 types) ;
- 8. Les céréales cultivées (nombreuses variétés) ;
- 9. Bois indigènes & exotiques ;
- 10. Classification des insectes (utiles & nuis. à l'agric.) ;
- 11. 25 diptères, quelques coléoptères des Indes ;
- 12. 25 lépidoptères.
Cours d'adultes
Des cours gratuits pour les adultes sont faits chaque hiver à l'école. Ils ouvrent au 1er novembre pour prendre fin au 15 février où recommencent les travaux des champs.
Le programme de ces cours est celui du cours supérieur de nos écoles primaires (points importants) ; j'y ajoute des notions d'arpentage & de comptabilité agricole. Le cahier de roulement y est tenu.
20 élèves se sont fait inscrire pour les cours adultes l'hiver dernier et 12 les ont suivis régulièrement. Après 3 années au moins de fréquentation assidue, il est délivré aux meilleurs sujets, qui font partie en même temps de l'association d'anciens élèves dont nous parlons ci-après, un Diplôme de mérite qui complète le certificat d'études ou en tient lieu.
Conférences populaires
Six ont été faites l'hiver dernier et ont réuni un bon nombre d'auditeurs. Je cherche à donner à ces conférences tout l'attrait désirable ; la plupart sont accompagnées de projections lumineuses qui les rendent plus expressives, plus animées.
Non seulement les conférences populaires sont instructives, elles offrent encore à nos campagnards un but de sortie, l'occasion de se rencontrer, de se toucher des coudes, comme l'on dit, aujourd'hui où la vie des champs devient matérielle et casanière.
Société amicale ou « Petite A »
J'ai fondé en novembre dernier, sous le patronage de la municipalité, une société ou cercle de jeunes gens dans le but de vulgariser le goût du tir, d'exercer à la gymnastique, de cultiver aussi les lettres et la musique. La société compte aujourd'hui 26 adhérents.
Un grand nombre de sociétés analogues ou « Petites A » comme on les appelle sont organisées un peu partout et fonctionnent, dit-on, admirablement. Elles offrent un utile passe-temps à nos adultes, permettent de donner un lendemain à l'école, de former une transition entre elle & le régiment.
Il est bon également de grouper autour de cette école tous ceux qui, ayant passé sur ses bancs, ont pu apprécier ce qu'elle vaut, ceux-mêmes qui, sans avoir été ses élèves ont conscience de son importance et de son rôle. Ainsi réunis nous pourrons mieux la protéger ; elle deviendra de moins en moins un lieu de passage et apparaîtra bientôt dans notre démocratie républicaine comme le foyer d'une véritable famille morale.
Vue sur l'école (Logement de l'Instituteur)
Plan général de l'école
Sources
Ouvrages
[1] Legrand Martin Eugène, Commune de Sermaise, le 21 septembre 1899, livre manuscrit, auto-édité, Sermaise, 1899, 36p.
[2] Leroy Gabriel, L'effroyable assassinat commis à Sermaise, commune de Bois-le-Roi (Seine-et-Marne) par la bande des chauffeurs, le 17 germinal an IV, édition A.Hérisé, Melun, 1866, 10p.
Archives
[3] Legrand Martin Eugène, Commune de Sermaise, le 21 septembre 1899, monographie de l'instituteur, Archives départementales de l'Essonne, Chamarande, cote 1MI/98, vues 1 à 35.
/ark:/28047/7bgzcx34108nConsulté le 25 mars 2022
[4] Registres paroissiaux et d'état civil de la commune d'Isbergues, registre BMSN entre 1598 et 1885, Archives départementales du Pas-de-Calais, Arras, cote 5MIR473/2, vue 1394, acte n°9.
/ark:/64297/d48a62292abef7f5e365db8b88b6d37dConsulté le 29 janvier 2025
[5] Registre d'état civil de la commune de Corbeil-Essonnes, registre M en 1891, Archives départementales de l'Essonne, Chamarande, cote 4E/3210, vue 131, acte n°81.
/ark:/28047/h7bl0sk48qg5Consulté le 4 février 2025
[6] Liste nominative des habitants de la commune de Sermaise, recensement de la population de 1901, Archives départementales de l'Essonne, Chamarande, cote 6M/279, vue 3, ménage n°10.
/ark:/28047/dmx3pw9lj7gcConsulté le 29 janvier 2025
[7] Registre d'état civil de la commune de Sermaise, registre NMD entre 1889 et 1905, Archives départementales de l'Essonne, Chamarande, cote 4E/3828, vue 213, acte n°16.
/ark:/28047/vs1wd9xnj6lqConsulté le 30 janvier 2025
[8] Registre d'état civil de la commune de Massy, registre NMD en 1908, Archives départementales de l'Essonne, Chamarande, cote 4E/4833, vue 3, acte n°5.
/ark:/28047/gpbfh50cxk2jConsulté le 30 janvier 2025
[9] Registre d'état civil de la commune de Mennecy, registre NMD entre 1905 et 1912, Archives départementales de l'Essonne, Chamarande, cote 4E/4852, vue 330, acte n°52.
/ark:/28047/xdkqf0j4h825Consulté le 4 février 2025
[10] La Commune de Sermaise 1899 par E Legrand, transcription partielle de la monographie sur une page web, Sermaise Environnement, Chamarande.
https://sermaise-environnement.orgConsulté le 23 septembre 2021
Table des matières
Préface I Plan de la Commune II Partie géographique Situation Communes limitrophes Population Superficie Superficie exploitée Superficie non exploitée Altitude Nature du sol et climat Relief Hydrographie Voies de communication Flore et faune du pays Etat de la propriété Principales cultures – Economie rurale – Industrie III Esquisse historique Origine de Sermaise – Etymologie – Anciennes formes du nom Sermaise sous l'ancien régime Justice & tabelionnage À travers les hameaux et écarts de Sermaise Mondétour La Villeneuve Bellenger Le fief de la Mercerie La Rachée Blancheface et le Mesnil Montflix Choses et autres Sermaise sous la Réforme Etat civil Archives de la Mairie Coutumes et usages locaux Usages locaux Location Bois Plantation des arbres à haute tige Congés pour loyers des maisons Réparations locatives Glanage Vaine pâture Usages appliqués aux personnes Faits importants Inondations à Sermaise Sermaise ravagé par es chenilles Catastrphe du puits de Blancheface Edifices communaux – Cimetière – Pompe à incendie IV Instruction publique Avant 1789 Règles et moyens employés par le M Gautier père pour encourager les enfants à bien apprendre Après la Révolution « Moyens disciplinaires » employés par M. Voisin Situation matérielle et morale de l'école actuelle Installation Traitement de l'Instituteur Organisation pédagogique Livres et cahiers en usage Préparation matérielle des classes Discipline Emploi du temps et programmes – Instruction diverses Appréciations personnelles Œuvres post-scolaires Bibliothèque scolaire Caisse d'épargne Vaccinations et revaccinations Musée scolaire Cours d'adultes Conférences populaires Société amicale ou « Petite A » Plan général de l'école SourcesJe tiens à exprimer ma profonde gratitude à mes correctrices, Aliénor Beaulieu, Anne Chevy et Pauline Dufermon pour leur œil attentif et bienveillant.
Merci également aux Archives départementales de l'Essonne qui m'ont permis de consulter le manuscrit original, rédigé de la main de Legrand. Je remercie particulièrement Amandine Metraux pour son accueil et ses conseils en salle de lecture.
Ma reconnaissance va aussi à l'association Sermaise Environnement qui, grâce à un article sur leur site internet, a éveillé mon intérêt pour cette archive exceptionnelle ; c'est sans nul doute ce qui m'a conduit aux Archives départementales et, in fine, à la transcription de cette monographie.
Enfin, j'adresse un merci tout spécial à ma femme, Pauline, pour sa patience, son indéfectible soutien et cette bienveillance avec laquelle elle m'accompagne, pas à pas, dans le tumulte de mes mille projets.
Arthur
Auteur
Martin Eugène Legrand
Transcription
Arthur Beaulieu
Édition
Messe Basse Production
Relécture
Aliénor Beaulieu
Anne Chevy
Pauline Dufermon
Maquette
Arthur Beaulieu
Monographie de Monsieur Martin Eugène Legrand, 21 Septembre 1899
© Messe Basse Production, numérisé le 17 Juillet 2025
Pour consulter la numérisation produite par les Archives départementales de l'Essonne, veuillez vous rendre ici.
Monographie de Monsieur Louis Théodore Vernier, 31 Janvier 1878
© Messe Basse Production, numérisé 9 Décembre 2025
Au grès de ses recherches pour des archives autour de Sermaise, l'auteur à découvert chez un particulier, à posteriori de la publiction de ce livre, une monographe antérieure à celle de M. Martin Eugène Legrand, rédigée en 1878. Il s'agit d'une monographie de l'instituteur M. Louis Théodore Vernier, dans laquelle on y découvre des illustrations exclusives ; un plan de la ville, un plan de l'école ainsi que la facade de l'école. Ces illustrations accompagnent un texte centré sur l'instruction publique au sein du village de Sermaise.
Cette monographie de M. Louis Théodore Vernier à servi de source à M. Martin Eugène Legrand pour rédiger des sections de sa partie sur l'instruction publique. Ainsi, les section du début de la Partie IV jusqu'à la section Situation matérielle et morale de l'école actuelle sont en fait rédigé par M. Louis Théodore Vernier. De même, la sous-section « Moyens disciplinaires » employés par M. Voisin sont en fait les moyens disciplinaires mis en place par M. Louis Théodore Vernier, contrairement à ce que mentionne M. Martin Eugène Legrand.
Cette seconde monographie, antérieure, possède donc d'original (en comparaison de la monographie de M. Martin Eugène Legrand) ses llustrations, ainsi que le contenu des feuillets 17 à 21 ; feuillets qui décrivent les programmes d'études, ainsi que de l'emploi du temps des classes.
Nous remercions chaleureusement M. Pierre Fernandez, de nous avoir permis après quelques échanges de numériser en haute résolution ce document rare. Aussi, les 24 feuillets numérisés ci-dessus sont distribué avec la licence CC BY-NC 4.0. Pour plus de détails sur les conditions d'utilisation, n'hésitez pas à consulter le texte intégral de la licence.
Messe Basse Production – 2021/